Je lis : des ratures. Je cite : «On met tellement de temps à devenir adulte, c'est toujours trop tard, et la vie se venge en nous infligeant des peines qui ne s'effacent pas et des remords affreusement amers.» (Frédéric Mitterrand) (mis à jour dimanche 18 novembre 2007 à 08:58)
Au téléphone, ma tante m’explique qu’il lui faudra onze heure à peine pour venir de Lévignac, petit bourg situé à quelques kilomètres de Toulouse, jusqu’à V***, en passant par Coulomiers, petite ville qui, m’enseigne-elle, n’a rien à voir avec le fromage. Elle n’a qu’un seul changement à effectuer (et ceux qui me lisent depuis un certain temps diront que c’est tant mieux), à Bordeaux. Et elle arrivera donc vers 22h30 à V*** - ou, pour mieux dire, à une trentaine de kilomètres de V***, en pleine campagne.
Et ma tante d’angoisser : et si ma mère oubliait d’aller la chercher à la gare ?
Renseignements pris, ma tante a raison : cette gare ne se trouve pas dans une ville, mais vraiment nulle part. Si, moi, je connais ce bled, c’est tout simplement parce que j’ai entendu ma grand-mère me raconter, au moins dix mille milliards de fois, qu’elle avait eu un accident de moto à cet endroit là, dans les années trente et qu’avec son chauffeur et l’engin, elle avait atterri dans un tas de fumier. Sic.
Ma grand-mère, dont il me plaît à rappeler qu’elle fut la première femme du département à obtenir le permis de conduire auto, était une personne rock’n’roll ; mais là n’est pas le sujet.
Pendant des années, mes concitoyens ont réclamé, supplié, imploré, que le train passe et s’arrête dans leur département : ils ne voulaient pas être des oubliés du temps. Mais, une fois victoire obtenue, s’ils ont choisi de construire cette gare en plein champs, loin de toute civilisation, c’est, disent-ils, pour ne fâcher ni ne léser tout le monde. Cette fameuse gare est aussi loin de V*** que de B-L-D. Du coup, point de jaloux : ça enquiquine tout le monde. D’où que tu sois, tu dois prendre ta voiture, ou ton vélo, ton cheval, ta brouette, que sais-je, et faire environ trente kilomètres pour prendre le train. C’est beau, le progrès !
Mouais, c’est ça… A toi, ami lecteur, je te le susurre dans le creux de l’oreille : je me demande si mes concitoyens ne sont pas, en fait et simplement, un peu cons-cons !
En lisant, hier ou avant-hier, l’article de quelqu’un que je ne connaissais pas(1), j’ai pu revoir la présentation du feuilleton Belle et Sébastien, qui m’avait tant marqué dans mon enfance – à l’époque où j’étais à l’école maternelle, je pense (2).
Longtemps, pour moi, « aimer une personne », je veux dire, « aimer d’amour», fut, plus que la désirer, désirer être cette personne. Et Sébastien fut sans doute le premier. D’où sans doute aussi, aujourd’hui, mon affection particulière pour le prénom Mehdi.
Enfance. Je suis en fait assez peu nostalgique de ce qu’il est convenu d’appeler mon enfance. Je le suis, simplement, d’un âge où il est encore permis de rêver l’avenir. Et puis, certaines fois de faiblesse, je rêve, sans doute, non à l’enfant que je fus, mais l’enfant que j’aurais pu être – ou, pour mieux dire, l’enfant dont je me plais à croire qu’il eût pu être. Passons : Lanomadebleue dit cela tellement mieux que moi, dans son dernier article… Et revenons à Belle et Sébastien.
Ce qui me stupéfie aujourd’hui, c’est l’introduction de la présentatrice, ou peut-être de la narratrice: la longueur et la construction syntaxique de ses phrases, le vocabulaire qu’elle emploie, ses intonation, sa diction – malgré l’amuïssement d’une prétonique, à tel endroit, qu'on lui pardonnera – la douceur et la chaleur délicieusement surannée de sa voix, de ses mots - le temps, aussi, le temps accordé aux mots … C’est de ce temps des mots, sans doute, dont je suis nostalgique.
Qui est cette femme ? Une comédienne, une speakerine, Cécile Aubry elle-même ? Peu importe : j’aime ce temps qui prenait l’enfant pour ce qu’il était, un enfant et non un adolescent – à l’époque, je pense que le mot venait juste d’être inventé – ni surtout un adulte modèle réduit.
Et c’est ce temps que je veux, aujourd’hui avec d’autres, retrouver.
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1) Qu’il veuille bien me pardonner d’avoir oublié son nom, et qu’il soir remercié de m’avoir rappelé cela.
2) Mais, quelques années plus tard, je « tomberais » éperdument «amoureux» du jeune Fabre et de ses pantalons moulants, bien sûr.
Il y a des livres ou des poèmes que l’on aimerait avoir écrits, d’autres dont on se dit que l’on aurait pu les écrire, d’autres encore dont on se demande si l’on ne les a pas écrits.
Pour les chansons, c’est un peu pareil. Et grâce à K, l’ineffable et irremplaçable K, je retrouve enfin celle-ci, qui me trottait dans la tête depuis longtemps.
Un petit garçon s'imaginait que le grand tapis du salon
Etait un immense royaume habité pas les démons
Ceux-ci vivaient dans les carrés jaunes et il ne fallait pas y tomber
Quand on passait sur les triangles rouges un peu partout clairsemés.
Le petit garçon s'imaginait que les lignes vertes étaient des passerelles
Le seul chemin permettant d'aller de la terre au ciel
Et chaque jeudi chaque dimanche il jouait sur le grand tapis
Il s'imaginait risquer sa vie sans faire de bruit.
Il voulait absolument gagner le pays des anges et des saints
Mais cela était si difficile qu'il recommençait en vain
Arriva le dimanche redouté où son pied si sûr vint à glisser
Là où il ne fallait surtout pas, sur le carré jaune du danger.
Je sais mon enfance est loin déjà, mais je me prends à penser parfois
Que je n'ai jamais tué les démons qui vivent dans mon imagination
« Le tapis du salon », Paroles et Musique: Philippe Chatel,1976 Analyse
Je l'ai dit, déjà, je déteste et méprise et les groupes et les listes.
Quant à ces dernières, j'ai quand même fini par en utiliser deux:
- la friendlist, qui est celle où je "mets" les gens que j'aime bien et/ou que je lis régulièrement: c'est bien pratique pour retrouver rapidement leur blog.
- la hotlist, que j'utilise de façon complètement stupide et irrationnelle, en cela que j'y range des très jeunes gens qui ne me correspondent pas, que je ne lis pas (bizarrement, d'ailleurs, la plupart n'a pas de blog) et que je ne contacte jamais - à l'exception notable du ch'tit Pink, mais parce que Pink, eh bien... c'est Pink!
Je ne me suis jamais intéressé aux autres listes, la bloglist, la blacklist, la checklist, la liste machin et celle des courses de la Potiche.... Mais, ce soir, je viens d'en découvrir une autre, ou du moins d'éprouver sa raison: la whitelist.
Voulant commenter l'information que donnait un certain Harlekin, au sujet du panache d'Ariane Mnouchkine, je me suis vu répondre par M. Gayattitude que non-non-non, ce n'était pas possible, parce que je n'était pas dans la whitelist dudit Harlekin. Donc, si je comprends bien, la whitelist, ça veut dire ça: dans toute ma magnanimité, je t'autorise le privilège extraordinaire de me lire, mais t'as pas le droit de me parler, hein, parce que je ne te connais pas. Ou... parce qu'on n'est pas du même monde.
Ca me fait penser à ces quelques personnes qui inondent le JDI de ce que l'on appelle, je crois, des "Private jokes"; genre: je vous montre combien je m'entends bien et combien je m'éclate avec Machin, combien l'on est (veut-on croire) tellement plus heureux que toi, - mais, surtout, que tu n'as pas ta place là-dedans. Et
Et puis, ça me fait furieusement penser, aussi, à La Place ces boîtes de nuit où des types qui se prennent pour des stars roulent du cul sur la piste de danse en vérifiant bien que vous les regardez, mais qui refusent de vous accorder le moindre sourire.
Peu importe: M. Harlekin m'interdit de souiller son blog de mes commentaires, parce qu'il ne me connaît pas ou parce que je ne fais pas partie de sa bande, soit. Griffin échaudé ne commet jamais deux fois la même erreur, et sait rester à sa place. Au demeurant, je me fous d'Harlekin et de son blog, dont je ne soupçonnais même pas l'existence jusqu'à ce soir.
En revanche, j'espère que vous, les quelques-uns qui me faites l'amitié de me lire et qui êtes ou n'êtes pas dans ma friendlist, vous ne pratiquez pas cette politique douteuse de la whitelist.
Quoi qu'il en soit -car, après tout, vous faites ce que vous voulez-, et surtout, friendlistez-moi ou pas, blacklistez-moi ou pas (il y en a un, je crois), bloglistez-moi ou pas (même si je n'ai toujours pas compris à quoi ça servait), mais surtout, de grâce, de grâce, ne me whitelistez pas
De toute façon, un Noir sur une liste blanche, ça fait tache!
"Le talent est une question de quantité. Le talent, ce n'est pas d'écrire une page: c'est d'en écrire 300. Il n'est pas de roman qu'une intelligence ordinaire ne puisse concevoir, pas de phrase si belle qu'elle soit qu'un débutant ne puisse construire. Reste la plume à soulever: l'action de régler son papier, de patiemment l'emplir. Les forts n'hésitent pas. Ils s'attablent, ils sueront. Ils iront au bout. Ils épuiseront l'encre, ils useront le papier. Cela seul les différencie, les hommes de talent, des lâches qui ne commenceront jamais. En littérature, il n'y a que des boeufs. Les génies sont les plus gros, ceux qui peinent dix-huit heures par jour d'une manière infatigable. La gloire est un effort constant."
"Vous devriez ne pas la connaître, l'avoir trouvée partout à la fois, dans un hôtel, dans une rue, dans un train, dans un bar, dans un livre, dans un film, en vous-même, en vous, en toi, au hasard de ton sexe dressé dans la nuit qui appelle où se mettre, où se débarrasser des pleurs qui le remplissent.
Vous pourriez l'avoir payée.
Vous auriez dit: Il faudrait venir chaque nuit pendant plusieurs jours.
Elle vous aurait regardé longtemps, et puis elle vous aurait dit que dans ce cas c'était cher.
Et puis elle demande: Vous voulez quoi ?
Vous dites que vous voulez essayer, tenter la chose, tenter connaître ça, vous habituer à ça, à ce corps, à ces seins, à ce parfum, à la beauté, à ce danger de mise au monde d'enfants que représente ce corps, à cette forme imberbe sans accidents musculaires ni de force, à ce visage, à cette peau nue, à cette coïncidence entre cette peau et la vie qu'elle recouvre.
Vous lui dites que vous voulez essayer, essayer plusieurs jours peut-être.
Peut-être plusieurs semaines.
Peut-être même pendant toute votre vie.
Elle demande : Essayer quoi ?
Vous dites: D'aimer. "
L'homme aurait été assis dans l'ombre du couloir face à la porte ouverte sur le dehors.
Il regarde une femme qui est couchée à quelques mètres de lui sur un chemin de pierres. Autour d'eux il y a un jardin qui tombe dans une déclivité brutale sur une plaine, de larges vallonnements sans arbres, des champs qui bordent un fleuve. On voit le paysage jusqu'au fleuve. Après, très loin, et jusqu'à l'horizon, il y a un espace indécis, une immensité toujours brumeuse qui pourrait être celle de la mer.
La femme s'est promenée sur la crête de la pente face au fleuve et puis elle est revenue là où elle est maintenant, allongée face au couloir, dans le soleil. Elle, elle ne peut pas voir l'homme, elle est séparée de l'ombre intérieure de la maison par l'aveuglement de la lumière d’été.
On ne peut pas dire si ses yeux sont entrouverts ou fermés. On dirait qu'elle se repose. Le soleil est déjà très fort. Elle est vêtue d'une robe claire, de soie claire, par le devant déchirée, qui la laisse voir. Sous la soie le corps était nu. La robe aurait peut-être été d'un blanc passé, ancienne.
Ainsi aurait-elle fait parfois.
Parfois aussi elle aurait fait très différemment. Différemment toujours. C'est ce que je vois d'elle.
Elle n'aurait rien dit, elle n'aurait rien regardé. Face à l'homme assis dans le couloir sombre, sous ses paupières elle est enfermée. Au travers elle voit transparaître la lumière brouillée du ciel. Elle sait qu'il la regarde, qu'il voit tout. Elle le sait les yeux fermés comme je le sais moi, moi qui regarde. Il s'agit d'une certitude.
Je vois que ses jambes qu'elle avait jusque-là laissé aller à moitié repliées dans une apparente négligence, je vois qu'elle les rassemble, qu'elle les joint de plus en plus fort dans un mouvement consciencieux, pénible. Qu'elle les resserre si fort que son corps s'en déforme et s'en trouve peu à peu privé de son volume habituel. Et puis je vois que l'effort cesse brusquement et, avec lui, tout mouvement. Voici que tout à coup le corps a la rectitude d'une image définitive. La tête retombée sur le bras, elle s'est immobilisée dans cette pose du sommeil. Face à elle l'homme qui se tait.
Devant eux, les larges vallonnements immuables qui donnent sur le fleuve. Des nuages arrivent, ils avancent ensemble, se suivent à une lenteur régulière. Ils vont dans la direction de l'embouchure du fleuve vers l'immensité indéfinie. Leurs ombres ternes sont légères, sur les champs, sur le fleuve.
De la maison de la plate-forme ne parvient aucun bruit.
Elle aurait recommencé à bouger. Elle aurait été lente et longue à le faire devant lui qui regarde. Le bleu des yeux dans le couloir sombre qui boivent la lumière, elle sait, vrillés à elle. Je vois que maintenant elle relève ses jambes et les écarte du reste de son corps. Elle le f ai t de même qu'elle les a rassemblées, dans un mouvement consciencieux et pénible, si fortement que son corps, tout au contraire du moment qui a précédé, s'en mutile de sa longueur, s'en déforme jusqu'à une possible laideur. De nouveau elle s'immobilise ainsi ouverte à lui. La tête est toujours détournée du corps, retombée sur le bras. Dès lors elle reste dans cette pose obscène, bestiale. Elle est devenue laide, elle est devenue ce que laide elle aurait été. Elle est laide. Elle se tient là, aujourd'hui, dans la laideur.
Je vois l'enclave du sexe entre les lèvres écartées et que tout le corps se fige autour de lui dans une brûlure qui augmente. Je ne vois pas le visage. Je vois la beauté flotter, indécise, aux abords du visage mais je ne peux pas faire qu'elle s'y fonde
jusqu'à lui devenir particulière. Je ne vois rien que son ovale détourné, le méplat très pur, tendu. Je crois que les yeux fermés devraient être verts. Mais je m'arrête aux yeux. Et même si j'arrive à les retenir longtemps dans les miens ils ne me donnent pas le tout du visage. Le visage reste inconnu. Je vois le corps. Je le vois tout entier dans une proximité violente. Il ruisselle de sueur, il est dans un éclaire¬ment solaire d'une blancheur effrayante.
L'homme aurait attendu encore.
Et puis elle y serait arrivée. La force du soleil est telle qu'afin de l'endurer elle crie. Elle mord l'endroit de son bras déjà déchiré de sa robe et elle crie. Elle appelle un nom. Et que l'on vienne.
Nous entendons que l'on marche elle et moi. Qu'il a bougé. Qu'il est sorti du couloir. Je le vois et je le lui dis, je lui dis qu'il vient. Qu'il a bougé, qu'il est sorti du couloir. Que ses mouvements sont d'abord saccadés, brefs, comme s'il ne savait plus marcher et puis qu'ils deviennent lents, très lents, d'une excessive lenteur. Qu'il vient. Qu'il est là. Que je vois la couleur bleue de ses yeux qui regardent au-delà d'elle, vers le fleuve.
Il est arrêté devant elle, il fait ombre sur sa forme. A travers ses paupières, elle doit percevoir l'assombrissement de la lumière, la forme haute de son corps dressé au-dessus d'elle dans l'ombre duquel elle est prise. Le répit de la brûlure fait se distendre la bouche mordue à la robe. Il est là. Les yeux toujours fermés, elle lâche la robe, ramène ses bras le long de son corps dans la coulée de ses hanches, modifie l'écartement de ses jambes, les oblique vers lui afin qu'il voie d'elle encore davantage, qu'il voie d'elle plus encore que son sexe écartelé dans sa plus grande possibilité d'être vu, qu'il voie autre chose, aussi, en même temps, autre chose d'elle, qui ressorte d'elle comme une bouche vomissante, viscérale.
Il attend. Elle ramène son visage aux yeux fermés dans la direction de l'ombre et elle attend à son tour. Alors, à son tour, il le fait.
C'est d'abord sur la bouche qu'il le fait. Le jet s'écrase sur les lèvres, sur les dents offertes, il éclabousse les yeux, les cheveux et puis il descend le long du corps, inonde les seins, déjà lent à venir. Lorsqu'il atteint le sexe il a un regain de force, il s écrase dans sa chaleur, se mélange à son foutre, écume, et puis il se tarit. Les yeux de la femme s'entrouvrent sans regard et se referment. Verts.
Je lui parle et je lui dis ce que l'homme fait. Je lui dis aussi ce qu’il advient d'elle. Qu'elle voie, c'est ce que je désire.
L'homme, de son pied, fait rouler sa forme sur le chemin de pierres. Le visage est contre le sol. L'homme attend et puis il recommence, il fait rouler le corps de-ci de-là, avec une brutalité qu'il contient mal. Il s'arrête quelques secondes pour reprendre son calme, puis il recommence. Il éloigne le corps pour le rapprocher ensuite de lui dans la douceur. Le corps est docile, fluide, il se prête à ces traitements tout comme s'il était évanoui, sans les ressentir on dirait, il roule sur les pierres et reste là où il arrive dans la pose qu'il prend à l'arrêt du mouvement.
Tout à coup cela a cessé.
La forme est là, débraillée, loin de lui. L'homme la regarde et la rejoint. Alors, comme s'il allait continuer à la faire rouler de-ci de-là, l'homme pose son pied sur elle et soudain il ne bouge plus.
Il aurait posé son pied nu au hasard de la forme, vers le cœur, et soudain il n'aurait plus bougé. La chair des seins est douce et chaude, on s'y embourbe. L'homme ne bouge plus.
Il aurait relevé la tête et aurait regardé vers le fleuve. Le soleil est fixe et fort. L'homme regarde sans voir avec une grande attention ce qui se présente à ses yeux. Il dit:
- Je t'aime. Toi.
Le pied aurait appuyé sur le corps.
Une durée grandit, elle a cette unité de l'immensité indéfinie. L'homme n'aurait pas ressenti la peur. Il regarde toujours sans voir ce qui se présente à ses yeux, l'éblouissement de la lumière, l'air qui tremble.
Elle est sous lui, attentive de toute sa force, dirait-on, à l'évènement en cours. Sans un geste, la bouche mordue à son bras arrêtée à la soie de sa robe, elle en percevrait la progression, la pression du pied sur le cœur. Les yeux auraient été de nouveau refermés sur la couleur verte entrevue. Sous le pied nu il y a la boue d'un marécage, un frémissement d'eau, sourd, lointain, continu. La forme est défaite, molle, comme cassée, d'une terrifiante inertie. Le pied appuie encore. Il s'enfonce, atteint la cage d'os, appuie encore.
Elle a crié. Il a entendu un cri.
Il a le temps d'entendre que le cri ne s'arrête plus, d'entendre aussi qu'il faiblit. Et tandis qu'il croit avoir encore le temps de choisir, le pied hésite, et lourde¬ment se descelle du corps, se sépare du cœur sous la poussée du cri.
Il serait retombé dans le fauteuil du couloir sombre.
Les jambes de la femme se seraient séparées et seraient retombées, éreintées. Elle se retourne sur elle-même, elle crie encore et, dans de longs et lents sursauts, elle se débat. Sa plainte crie et pleure, elle appelle encore la délivrance, que l'on vienne, et puis brusquement, elle cesse.
Le soleil aurait été sur lui jusqu'à la ceinture. Je vois sa forme dans le couloir, elle est dans l'ombre, sans presque de couleurs. Sa tête est tombée sur le dossier du fauteuil. Je vois qu'il est exténué d'amour et de désir, qu'il est d'une extraordinaire pâleur et que son cœur bat à la surface de tout son corps. Je vois qu'il tremble. Je vois ce qu'il ne regarde pas et qui cependant se devine et se voit face au couloir, ces vallonnements si beaux avant le fleuve et cette immensité mauve toujours noyée de brume qui devrait être celle de la mer. La nudité de la plaine, la direction de la pluie devrait être celle de la mer. Et cet amour si fort. Je le sais, de cet amour si fort. La mer est ce que je ne vois pas. Je sais qu'elle est là au-delà du visible de l'homme et de la femme.
Il l'aurait regardée arriver vers lui la revenante du chemin de pierres.
Elle serait restée pendant un instant adossée au cadre de la porte avant de pénétrer dans la fraîcheur du couloir. Elle l'aurait regardé. Comme elle devant lui un moment avant il se serait tenu devant elle les yeux fermés. Ses mains sont immobiles posées sur les bras du fauteuil. Il aurait porté, il porte, un pantalon de toile bleue qu'il a ouvert et de laquelle elle ressort. Elle est d'une forme grossière et brutale de même que son cœur. De même que son cœur elle bat. Forme des premiers âges, indifférenciée des pierres, des lichens, immémoriale, plantée dans l'homme autour de quoi il se débat. Autour de quoi il est au bord des larmes et crie.
J'entends que la femme parle à l'homme.
- Je t'aime.
J'entends qu'il lui répond qu'il sait :
- Oui.
Je vois que la femme bouge et qu'elle va franchir à son tour les trois pas qui la séparent de lui. Je vois encore qu'il amorce un mouvement de fuite et qu'il retombe dans le fauteuil. Puis je ne vois plus rien au-delà des faits.
Elle est arrivée près de lui, s'accroupit entre ses jambes et la regarde elle, et seulement elle, dans l'ombre qu'à son tour elle lui fait avec son corps. Avec soin elle la met à nu dans sa totalité. Ecarte le vêtement. En sort les parties profondes. S'éloigne légèrement d'elle, la met dans la lumière.
Je vois que l'homme a baissé la tête et qu'il la regarde, qu'il regarde en même temps que la femme ce spectacle de lui-même. Elle bat toujours dans des soubresauts au rythme du cœur. A travers la finesse de la peau qui la recouvre s'étale le réseau sombre du sang. Elle est pleine de jouissance, remplie de jouissance plus qu'elle ne peut contenir et tant à l'étroit d'elle-même elle est devenue qu'on hésite à y porter la main.
L'homme et la femme la regardent ensemble. Cependant qu'ils ne font aucun geste vers elle et qu'ils la laissent encore.
Au-delà d'eux je vois encore que c'est un pays sans arbres, un pays du nord. Que la mer devrait être étale et chaude. C'est une chaleur claire aux eaux décolorées. Il n'y a plus de nuages au-¬dessus des vallonnements, mais il y a toujours ce brouillard loin¬tain. C'est un pays qui fuit devant soi, qui ne laisse pas de le voir et le voir encore, un mouve¬ment où ne jamais s'arrêter, ne jamais connaître la fin.
Elle se serait avancée lente¬ment, elle aurait ouvert ses lèvres et, d'un seul coup, elle aurait pris dans son entier son extrémité douce et lisse. Elle aurait fermé les lèvres sur l'ourlet qui en marque la naissance. Sa bouche en aurait été pleine. La douceur en est telle que des larmes lui viennent aux yeux. Je vois que rien n'égale en puissance cette douceur sinon l'interdit formel d'y porter atteinte. Interdite. Elle ne peut pas la prendre davantage qu'en la caressant avec précaution de sa langue entre ses dents. Je vois cela : que ce que d'ordinaire on a dans l'esprit elle l'a dans la bouche en cette chose grossière et brutale. Elle la dévore en esprit, elle s'en nourrit, s'en rassasie en esprit. Tandis que le crime est dans sa bouche, elle ne peut se permettre que de la mener, de la guider à la jouissance, les dents prêtes. De ses mains elle l'aide à venir, à revenir. Mais elle paraît ne plus savoir revenir. L'homme crie. Les mains agrippées aux cheveux de la femme il essaye de l'arracher de cet endroit mais il n'en a plus la force et elle, elle ne veut pas laisser.
L'homme. La tête du corps emportée gémit, jalouse et délaissée. Sa plainte crie de venir, de revenir à lui, elle crie la suppliciante contradiction qu'on lui veuille un tel bien. A elle, à la femme, il n'importe pas. Sa langue descend vers cette autre féminité, elle arrive là où elle se fait souterraine et puis elle remonte patiemment jusqu'à reprendre et retenir encore dans sa bouche ce qu'elle a délaissé. Elle la retient au bord d'être avalée dans un mouvement de succion continue. Il n'essaie plus rien de nouveau. Yeux fermés. Seul. Sans gestes, il crie.
Là-haut, le cri, la plainte se fait plus aiguë, elle est presque enfantine d'abord et ensuite elle s'approfondit, elle devient si douloureuse, tant, que la femme doit lâcher prise. Elle lâche, se retire, amène les cuisses plus près d'elle, les écarte et regarde et respire l'odeur humide et tiède. Elle s'attarde, le visage enfoui dans ce qu'il ignore de lui, respire longuement l'odeur fétide.
Je vois qu'il laisse faire et regarde de nouveau avec elle. Qu'il la regarde faire, qu'il se prête à son désir autant qu'il lui est possible. Qu'il tend à cette affamée l'homme qu'il est. C'est dans les cheveux de la femme que maintenant elle bat toujours des soubresauts du cœur.
Il crie doucement une plainte d'intolérable bonheur.
Le ciel passe lentement dans le rectangle de la porte ouverte. Il avance tout entier, on dirait à la lente vitesse de la terre. Les masses de nuages au dessin fixe sont emmenées dans la direction de l'immensité.
La bouche ouverte, les yeux clos, elle est dans la caverne de l'homme, elle est retirée en lui, loin de lui, seule, dans l'obscurité du corps de l'homme. Elle ne sait plus très bien ce qu'elle fait, ni ce qu'elle dit, elle croit toujours possible de faire encore autrement. Elle embrasse. Là où règne l' odeur fétide elle embrasse, elle lèche. Elle nomme les choses, insulte, crie des mots à son secours. Et puis de nouveau se tait, s'exaspère, s'acharne de toute sa force jusqu'au moment où les mains de 1 'homme la repoussent, et la renversent. Il la rejoint. Il s'allonge longtemps sur elle, il la pénètre, reste encore là, sans mouvements, tandis qu' elle pleure.
Ils viennent de jouir. Ils se sont séparés. Longtemps, par terre, rien d'eux ne se touche. Les dalles sont fraîches, désaltérantes. Elle pleure encore par à-¬coups, des pleurs d'enfant.
Il se retourne lentement vers elle et de sa jambe la prend contre lui. Ils restent ainsi. Il lui dit qu'il voudrait ne plus l'aimer. Elle ne lui répond pas. Il lui dit qu'un jour il va la tuer.
Rien ne se produit que le désordre et l'immobilité de leurs corps défaits excepté cette parole qu'il lui dit encore, que c'est sans fin.
Ils sont couchés dans le cou¬loir comme endormis tandis qu'autre chose se prépare dans la lente remontée du désir. Dans des gestes à peine perceptibles ils sont en train de se rapprocher. Les peaux, les sueurs qui se touchent, les visages, sa bouche à elle, retrouvée par lui. Ils restent ainsi, touchés, en attente. Et puis elle dit qu'elle désire être frap¬pée, elle dit au visage, elle le lui demande, viens. Il le fait, il vient, s'assied près d'elle et la regarde encore. Elle dit: frappée, fort, comme tout à l'heure le cœur. Elle dit qu'elle voudrait mourir.
Voici le rectangle de la porte ouverte est occupé par le corps assis de l'homme qui va frapper.
De l'immensité indéfinie arrive un brouillard, une couleur violette déjà rencontrée sur le chemin d'autres endroits, d'autres fleuves, dans les moussons très lointaines de la pluie.
La main de l'homme se dresse, retombe et commence à gifler. D'abord doucement puis sèchement.
La main gifle la naissance des lèvres puis, de plus en plus fort, elle gifle contre les dents. Elle dit que oui, que c'est ça. Elle relève son visage afin de l'offrir mieux aux coups, elle le fait plus détendu, plus à la disposition de sa main, plus matériel.
Au bout d'une dizaine de minutes, ils se seraient installés ensemble dans une précision parallèle. Il frappe de plus en plus fort.
La main descend, frappe sur les seins, le corps. Elle dit que oui, que c'est ça, oui. Ses yeux pleurent. La main bat, frappe, chaque fois plus sûre elle est en train d'atteindre une vitesse machinale.
Le visage est vidé de toute expression, étourdi, il ne résiste plus du tout, lâché, il se meut autour du cou à volonté comme chose morte.
Je vois que le corps de même se laisse frapper, qu'il est abandonné, hors de toute douleur. Que l'homme insulte et frappe. Et puis les cris tout à coup, la peur.
Et puis je vois que ces gens sont submergés par le silence.
Je vois que la couleur violette arrive, qu'elle atteint l'embouchure du fleuve, que le ciel s'est couvert, qu'il est arrêté dans sa lente course vers l'immensité. Je vois que d'autres gens regardent, d'autres femmes, que d'autres femmes maintenant mortes ont regardé de même se faire et se défaire les moussons d'été devant des fleuves bordés de rizières sombres, face à des embouchures vastes et profondes. Je vois que de la couleur violette arrive un orage d'été.
Je vois que l'homme pleure couché sur la femme. Je ne vois rien d'elle que l'immobilité. Je l'ignore, je ne sais rien, je ne sais pas si elle dort.
Marguerite Duras, L’homme assis dans le couloirLes Editions de minuit, 1980
Chapichapo arrêtait de se prendre la tête et/ou de jour les stars de supermarchés et se remettait à nous parler de ses voyages, de ses cultures, des films qu'l vait vus - ou à lancer à nouveau de vrais débats de fond; ce genre de débats qui font réagir et réfléchir, argumenter plutôt que s'insulter?
ET se remettait à nous parler de ce qui lui tient vraiment à coeur, au lieu d'être toujours, depuis deux ans, dans la réaction et/ou la provocation?
Au lieu de jouer les Zidane très moyens, on acceptait de dire "" je ne suis pas forcément d'accord avec toi mais je te respecte", "je ne sais pas mais je veux bien t'écouter pour apprendre", "j'ai tort", "je te prie de m'excuser", "je suis un être qui se construit en même temps qu'il s'écrit"...
Et si l'on arrêtait d'affirmer - sur des sujets dont on n'a pas les tenants? Et si l'on arrêtait de se fier/référer à la télévision, à l'Internet ou même aux quotidiens! Et si, bodybuilder et lecteur exclusif des ouvres complètes de François Sagat, on arrêtait de vouloir donner la leçon à un agrégé de géographie?
Et si l'on laissait à nouveau une place, à ceux qui écrivent, et donc qui écrivent des textes de plus de cinq lignes - ces vraies plumes qui n'ont aucune prétention (je ne parle donc pas de M) fors celle d'être lues: je pense à Jonas, à Morrisey, à Matthieux, uelqes autres sans doute... qui ont tous quitté Gay Attitude, de guerre lasse? A quoi, ou plutôt à qui, il faudrait aussi ajouter Snoopdog. (Tiens: pourquoi Lalimonadebleue écrit-elle si bien, et si juste, maintenant qu' elle n'est plus sur GA?)
Et si Népo arrêtait un peu de se branler dans son arbre et avait encore les couilles d'écrire des articles comme il sait/savait parfois en écrire?
Si Babs nous racontait enfin s'il s'est en définitive résolu à dire la vérité à ses grands-parents? Et pour-quoi/qui ces kilos perdus.
Nico du Nico-Blog parvenait à sortir du gouffre de son nombril et à être, sur GA, tel que certains jeunes Marocains nous parlent auour'hui lui?
Et si Sorty, qui a vécu, nous racontait son parcours, des quais de Paris dans les années quatre-vingt dix aux Etats-Unis puis aux bras de ce garçon dont il nous dit juste aujourd'hui qu'il est peut-être l'homme de sa vie. Ou, du moins, s'il continuait à créer ces jeux de rôle auxquels personne ne comprenait rien?.
Et si le ch'tit Pink, qui a tant à dire, en disait enfin un peu plus... plus souvent?
Et si, tous ensemble, main dans la main, en chantant L'Internationale socialiste ou n'importe quel bon vieux chant scout, nou décidions de bouter définitivement hors de GA tout youtube. Sus aux youtube qui ont, selon moi, causé notre perte!!!!!
Qui connaît Jjw, sur GA?!
Et si nous arrêtions de dévoyer et de tourner en dérision, par peur de notre propre médiocrité, les forums de discussion?
Et si Matt nous sensibilisait ou du moins nous amenait à nous prononcer un peu plus souvent pour une dimension plus politique de l'homosexualité.
Je sais qu'il est mal vu, très mal vu, - pour ne pas dire "très mal" - d'avoir des regrets, ou d'être nostalgique - au sein d'une "communauté" qui fait de Dalida son égérie, qui cultive le kitch et qui a ressuscité Chantal Goya. Les années 2000, le markéting et la productivité ont érigé au rang de modèle le teenager futile, pressé, consommateur décérébré. Il n'empêche: je ne puis oublier qu'au moment de me prononcer au sujet du TECE, voilà un an ou deux, en plein doute, je suis allé chercher mes réponses sur Gay Attitude. Et, à l'époque, Chapi m'avait vraiment aidé à y voir plus clair. Aujourd'hui, quoi? Au milieu de photos pseudo érotiques qui semblent extraites de revues pour soldats des années soixante-dix, ou d'autres, prétendument artistiques mais si pauvres, et tellement répétitives, on m'explique à l'envi, et bien sûr sans argument aucun (ls arguments, aujourd'hui, c'est ringard), que le pape - dont je me fous éperdument - est un salaud, que Sarkozy est un salaud, que tel jeune type qui ne se retrouve pas dans la Gay Pride actuelle est un salaud - et pour éviter de parler, pour éviter de réfléchir, tout en se vantant de ne pas regarder la télé, on balance à tout va des youtube, des youtube, des youtube...
Où Griffin reste songeur en entendant certaines infos à la radio
Voilà quelques années, sous la pression et la menace de plusieurs adolescents plus ou moins pubères, j'ai lu quelques-uns de ces Harry Potter dont tout le monde parle. Par conscience et par abnégation, je me suis même commis à regarder un fim adapté de l'oeuvre, avec dans le rôle-titre ce fameux gamin british qui, si j'ai bien compris, taquine aujourd'hui l'étalon. De mémoire, ça devait s'appeler Harry Potter à l'école des sorcières. Or, quoi? Oui, certes, c'est sympatoche, pas méchant pour deux sous, ça ne mange pas de pain et c'est rapide à lire; mais bon, est-il utile d'en faire un tel foin?
Je ne critique pas, pas du tout: apparemment, ça fait lire les gamins, alors c'est tout bon. Et puis, après tout, nous aussi, nous avions les Oui-Oui, les Fantômette et autres Six compagnons de la croix rousse ou Club des cinq(ah, qi se souvient du beau Michel?!...). Mais a-t-on jamais parlé de Fantômette au journal de France Inter?!
Allons, allons: il faut raison garder. Et, n'en déplaise à nos adorables petits boutonneux, Harry Potter, c'est quand même bien gentillet et un peu léger, comparé à n'importe quel récit du cycle arthurien ou même aux héros de Tolkien!
"Il n'y a pas à avouer qu'on en est, parce que ce n'est pas une faute. Il n'y a pas à proclamer qu'on en est parce qu'il n'y a pas là de quoi tirer une fierté. Il y a simplement à dire qu'on en est parce que c'est comme ça. Ni honte, ni prosélytisme... Dire l'homosexualité, c'est la déculpabiliser." Jean-Louis Bory (1919-1979)
"J'ai couru après le temps
Il portait un manteau de pluie
J'ai déchiré en l'approchant
Un bout de tissu et depuis
C'est à minuit que ça arrive
Quand vous passez au jour suivant
Moi je reste sur l'autre rive
Pour une minute encore vivant
Une minute pour se faire la belle
Avoir la lune sous mes semelles
Et les cheveux dans les étoiles..."
Renan Luce, "24h01" (extrait), 1960
Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.
(Poème attrué à Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.)