Je lis : des ratures. Je cite : «On met tellement de temps à devenir adulte, c'est toujours trop tard, et la vie se venge en nous infligeant des peines qui ne s'effacent pas et des remords affreusement amers.» (Frédéric Mitterrand) (mis à jour dimanche 18 novembre 2007 à 08:58)
Je suis amoureux - oui, oui, j'ai bien saisi le mot, "amoureux" - depuis un an maintenant, et personne ne le voit, et personne le sait, et tout le monde s'en fout.
- Eh, eh, tu sais quoi ? Tout à l’heure, j’ai fait croire à Edith que j’avais 25 ans.
- Ah oui, et elle t’a vraiment cru ?
- A vrai dire, elle a semblé un peu étonnée, un peu déconcertée. Alors je lui ai demandé d’être honnête, et de me dire vraiment combien elle me donnait, et elle m’a dit qu’en fait elle pensait que j’avais une petite trentaine – vingt-neuf ou trente, trente et un, peut-être.
- Bah, c’est vrai que tu fais assez jeune, quand même.
- C’est vrai, ce n’est pas ce qu’on me dit sur Internet, pourtant.
- Ah bon ? Ben c’est bizarre. Bon, faut dire que …
- Hein, quoi… Faut dire quoi ?
- Ben ta manière de t’habiller, quoi.
- Ma manière de m’habiller. Attends, là, j’ai un jean, comme toi.
- Ouais, mais bon, tes chaussures de ville. Et surtout ta chemisette.
- Hein ? Quoi, ma chemisette ?
- Ben oui, ça fait un peu vieux, un peu ringard, la chemisette !
Alors là, je pousse un cri. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!Car cette chemisette, je l’ai achetée, voilà quatre ou cinq ans dans un magasin à la mode, et je la trouve super bien. Sportive et classe à la fois. Et elle m’a coûté au moins quinze euros. Bon, c’est vrai, H, H alias I, avec ses vingt-cinq ans, son beau sourire à la Faudel (oui, oui, bon, ça va, ET : je sais bien que Faudel vote à droite ; ça ne l’empêche pas d’avoir un joli sourire), sa gueule d’ange et ses pectoraux plein partout, un simple jean qui ne ressemble à rien et un tee-shirt payé dix balles à Tati arrivent à le rendre plus sexy qu’un Steevy tout en paillettes ou un Jack Lang dans un costume à mille euros. Mais bon, zut, quoi ! Si je vous disais qu’à vingt ans, je portais encore les jeans Cora (du Cora V***) de mes quinze ans – car entre 15 et 30 ans, je n’ai ni grandi ni grossi – et les pulls que me tricotaient encore ma grand-père. Aujourd’hui encore, quand un mien correspondant simiesque me dit qu’il s’est acheté un costume (de toute ma vie, je n’ai porté qu’une fois un costume) Kenzo à cinq cents euros, ça me fout le vertige. Et puis, bon, moi, mes vêtements, je n’y fais pas trop attention.
Il n’empêche : c’est marrant, quand même, K, qui n’est pas plus steeviesque que H, H alias I, m’avait fait exactement la même remarque, sur la même chemisette, l’an dernier…
Bon, bien sûr : je pourrai faire comme tout homo qui se respecte : porter des tee-shirt de taille douze ans pour me la jouer Bruce Willis du Marais. Mais j’aime être à mon aise dans les vêtements que porte.
Ajoutons ceci : jamais un leader d’opinion, sur GA ou ailleurs, ne m’imposera jamais une manière de m’habiller, ou de penser. Et votre John Galliano, par exemple, là où j’ai grandi, ou même l’à où je vis aujourd’hui, s’il se la ramenait, je suis bien sûr qu’on l’attacherait à un arbre et qu’on le recouvrirait de goudron et de plumes. Comme quoi, l’influence…
A quinze ans, frais émoulu de mon petit collège de T***, j’ai découvert, au lycée J.A.M. de V***, les petits bourgeois – fils de notaires, de médecins, de chefs d’entreprise, d’avocats ou de dentistes – qui portaient des polos Lacoste. C’est amusant car, aujourd’hui, je crois savoir que ce soit les petites racailles qui portent le crocodile sur le cœur. Passons. Lorsque j’ai découvert que leurs polos coûtaient trois cent ou quatre cents francs, et qu’on trouvait les même, certes sans le reptile, à soixante, à Cora, je me suis promis de ne jamais, au grand jamais, porter de marque. Hors de question de me transformer jamais en homme-sandwich.
La mode me fait chier et me déconcerte. Quand je vais, aujourd’hui, badauder sur des sites plus ou moins « fashion » d’hommes qui veulent être aimés par des hommes, je découvre qu’il y a par exemple toute une mode de sous-vêtements, et que ceux-ci font irrésistiblement porter aux mochetés que l’on portait à dix ans.
Je dis « mochetés » mais il me semble qu’à dix ans, on se foutait assez totalement des slips que l’on portait. Justement…
Lorsqu’il m’arrive de voir à la télé les défilés de mode masculins, je me dis que soit ils sont réservés à un tout petit espace, de quelques mètres carrés, du tout petit carré parisien, soit ils reprennent, pour les rendre hip, les mochetés que l’on nous a obligées à porter, à grands coups de ceinturon. Et je vous le dis, en vérité, dans quatre ou cinq ans, il y aura bien un styliste pour nous assurer que sous-pull orange ou le slip jaune à poche sont du dernier cri.
Quant à moi, mode ou pas, Galliano ou pas, pages mode de Têtu ou non, je continue à être plus ému par un Bogart en costume, un Marlon Brando en tee-shirt ou un River Phoenix torse nu… que par un Lagerfeld dans ses habits de lumière ou, horreur absolue pour moi, par un Benjamin des Queers - dont on m’assure pourtant qu’il est top tendance. Eh, dites, les gars, vous pensez vraiment qu’il portait des slips Aussitruc, Lawrence d’Arabie ? Et, croyez m’en, je me fiche bien de savoir si d’en l’intimité, le bon Edouard Balladur porte des string Calvin Klein, des Australien de Dim ou des chemisettes à carreaux !
Mais je m’égare. Car H, H alias I, ne porte pas de marque, lui non plus. Il a un tee-shirt Nike, que lui a rapporté frauduleusement, de Turquie, sa sœur, mais il n’aime pas le porter. Et puis eh, faut pas pousser : moi aussi, le plus souvent, je porte des tee-shirts – unis, toujours unis.
Mais dites, dites, vous, mes deux ou trois lecteurs, qui m’êtes bienveillants, vous la trouvez si moche et si ringarde que ça, ma chemisette ?
Allez, bon, cette fois sera la bonne, je me lance. Foin du souci de discrétion, de l'image idéalisée que l'on veut donner de soi, du personnage que l'on joue sur GA ou de quoi que soit, aujourd'hui, je me lâche et me la raconte.
Pour rappeler les règles de ce petit jeu d'écriture, qui court sur Gayattitude depuis quelques jours, je pomperai Mayhem. Il faut dire que pomper Mayhem" est sans aucun doute un plaisir de fin gourmet. qu'il écrit tellement bien, Mayhem! Bref, énonçons: " Chaque blogueur « tagué » doit énumérer sur son blog sept choses le concernant, ainsi que le règlement. Le blogueur doit ensuite «taguer» 7 personnes, c’est-à-dire les citer sur son blog, puis leur envoyer un message les invitant à venir lire ce règlement et à poursuivre la chaîne.
Quant à moi, je fus tagué par une petite racaille de la rue du Taur qui, disons-le franchement a une sacrée paire de couilles, et toujours pleines est un sacré tagueur.
Mais passons... Moi, donc, en sept points.
1) Je l'avoue, sans prétention ni suffisance, la culture est toute ma vie. Du moins, toute ma vie publique...
Je sors beaucoup, plusieurs fois par semaine, généralement au théâtre, et toujours pour y voir des spectacles d'avant-garde.
D'avant-garde? Oui, disons, je peux vous citer celui-ci, que j'ai vu plusieurs fois, et dans lequel la comédienne, seule sur la scène pendant toute la pièce, épluche des légumes pour en faire ensuite une (mauvaise) soupe dont elle nourrit le public.
Dans les spectacles de théâtre que je vais voir, il y a aussi souvent des comédiens qui jouent totalement nus. Le metteur en scène, Didier C., que je connais bien, a le souci de les choisir terriblement bien montés, ce qui rend hélas, pour moi, la compréhension de l'intrigue parfois bien difficile.
Quoi qu’il en soit, on est loin d’ « Au théâtre ce soir ».
2) Mon meilleur ami n’est pas Docteur d’Etat (malgré son âge avancé, il est trop jeune pour ça) mais du moins de troisième cycle. L’an dernier il a soutenu une thèse sur les lieux et les conditions de rencontres interlopes des homosexuels à l’entour de Toulouse. Ce que certains thésards peuvent inventer, quand même, et les prétextes qu’ils peuvent se donner, pour aller se faire limer dans les buissons faire progresser la science!
En tout cas, non, non, la soutenance ne s’est pas faite dans la backroom du « Grand Cirque », ce que j’ai fort regretté…
3) Sur Gayattitude, l’an dernier, tout le monde a pleurniché lorsqu’a été diffusé sur France 2 le téléfilm « Un amour à taire», avec le certes mignonnet et très médiatique Jérémie Renier.
Tous ces sanglots longs, et ces cœurs de vierges éplorées, c’était sympatoche, vraiment! Ouais… en revanche, personne, à part moi, n’a parlé, sur GA, de la disparition de Pierre Seel, la même année. D’en avoir parlé, moi qui l’avais rencontré, je ne tire aucune gloire, aucune fierté personnelle... Non, juste un peu d’amertume, et surtout de tristesse. La « communauté » gay, comme on dit, me déçoit un peu, parfois...
4) Depuis un moment, je sors essentiellement avec J.-P., alias JP. Mais vous pouvez toujours vous brosser pour savoir si nous couchons ensemble ou pas – voire, si nous sommes un couple. Internet, ce n’est pas fait pour s’épancher, ni pour se raconter, hein !
5) Mon blog développe exclusivement deux lignes thématiques : la culture et… le cul. Les deux s’entrecroisent et parfois se rejoignent. Ainsi, je vais régulièrement à la cinémathèque de la rue du Taur, et je fais croire à mes amis, ou à mes lecteurs, que c’est par amour du septième art. Je leur dis ainsi que j’aime, par exemple, ces films asiatiques qui durent des heures et dans lesquels il ne se passe rien – genre on se lève, on prépare le thé, on se regarde sans se parler, on boit le thé, on se regarde sans se parler, on boit le thé, on observe le vol d’un papillon dans le ciel bleu, on prie, on boit le thé, on prie, on va se coucher.
A d’autres ! En fait, si je me rends si souvent à la cinémathèque, c’est uniquement pour le spectacle de l’énorme braquemart de son jeune vigile, dont le tissu du pantalon, à l’entrejambe, est si bombé et si tendu qu’il me semble qu’il menace d’exploser de se déchirer, à chaque instant.
Ne nous égarons pas, et pour en revenir à notre première phrase du paragraphe, disons simplement, et en toute décence, que je boufferais bien l’énorme teub de ce ch’tit vigile devant un film de Kurosawa.
Quoi qu’il en soit, mon blog est quand même nettement moins vulgaire, et surtout moins tendancieux, que Roy, de Roger Peyrefitte. Saperlotte : quelle sottise ou quel délit pourrais-je donc bien commettre pour obliger le ch’tit vigile à brandir vers moi son énorme matraque ?!
6) J’ai beau me la jouer théâtreux, ou du moins travailler « dans la culture », je ne dédaigne pas de mater parfois un bon film populo. Avouons-le, Louis de Funès, dans la série des Gendarmes me fait bander comme un Népomucène cerf. Et Paul Préboist travesti, dans je ne sais plus trop quel film de seconde zone, me valut, vers l'âge de douze ans, ma première érection notable.
Allez, aujourd’hui on se dit tout : je cache sous mon lit l’intégrale de Max Pecas.
C’est moi, aussi, qui ai indiqué à ce bon bougre de Griffin les fesses d’Edouard Collin, un jour. Le pauvre ne s’en est toujours pas remis…
7) Avec le temps, j’ai acquis une certaine respectabilité culturelle : je tutoie des acteurs, je papote d’égal à égal avec des metteurs en scène, on m’envoie des emails pour m’informer de tel nouveau spectacle ou pour me demander mon avis.
Reste que… je suis aussi ce mec qui peut aller manger dans une gargote improbable, et qui gloussera comme une oie un dindon en voyant, quelques tables plus loin, un très jeune ouvrier, sans doute espagnol, à la mâchoire carrée et à la musculature assurée, relever sans y penser son tee-shirt à dix balles un euro de chez Tatie et caresser ses abdominaux sculptés dans l’effort vrai, sans se savoir être vu et en parlant avec ses collègues de la tâche de l’après-midi, ou de telle playmate aperçue la veille au soir dans une émission de TF1. Je suis ce type qui ensuite pendant des heures durant, dans la discrétion de sa chambre de célibataire, se paluchera fébrilement en rêvant burins, manches de pioches et marteaux piqueurs. Oui, en fait, je suis un poète.
Je suis aussi ce type qui, en voiture, est capable de faire une marche arrière dans les rues de Toulouse, histoire de dévisager tel jeune Maghrébin à l’organe incroyable et en train d’uriner contre un arbre. Longtemps, son jet me laissera songeur. Je suis un sale petit ondiniste mais ça, bien sûr, ici, je le nierai toujours.
Je connais Snoop et son frère, aussi, ce qui n’a absolument rien à voir avec l’ondinisme. Mais bon, puisque la règle du jeu est de parler de soi en sept point seulement, disons que je peux avoir des vapeurs, aussi, en voyant, rue du Taur, dans une voiture de marque allemande au luxe ostentatoire, quatre ou cinq cinq blacks armés de bagues et de lourdes chaînes plein partout, écouter du rap américain et me regarder passer devant eux, la moue dédaigneuse,le regard hostile, le faciès sauvage, l'insulte au bord des lèvres et la braguette sur le point d’éclater. Vous l’avouerai-je ? J’aime les petites racailles exotiques qui vous explosent le cul en vous expliquant disent qu’elles sont hétéro et qu’elles n’aiment pas les pédés. Z’ étaient mignons, n'empêche, ces petits blacks !
Mais bon, rassurez-vous, je ne suis pas une petite roulure de supermarché sauna, provincial ou non. Même si j’aime le danger des rencontres nocturnes, dans ce grand cirque qu’est Toulouse à la nuit tombée, je suis culturé, moi: comme PPP, je suis un intello. D’ailleurs, je lis tous les moi(s) « Têtu » : c’est dire, non ?!
Bon, allez, je ne vais pas faire de liste (le seul, sur la liste de mon carnet de bal, c'est J.-P., les chevaliers du fiel n'étant pas disponibles). Alors à qui veut... tant que vous êtes Toulousains et que vous bouffez toute la journée de la saucisse du cassoulet en écoutant Francis Cabrel.
Allez, c’est l’été, on s’en fout, peu importent les grandes idées et les positions de principe, brûlons nos soutien-gorge et sodomisons les Népo ; en un mot, lâchons-nous, et soumettons, nous aussi, à ce petit exercice d’écriture qui court sur GA depuis un moment.
1) Après avoir été journaliste et avoir notamment frayé avec côtoyé Ruquier, je suis devenu, suite à certaines péripéties qui ne te regardent pas, cuistre, bibliothécaire. Eh oui, la seconde fois, j’ai enfin eu ce putain de concours !
Bon, soyons honnête, être fonctionnaire, qui sus est bibliothécaire, n’est pas terriblement bandant. Mais force m’est d’avouer qu’il n’est pas déplaisant de terroriser mes vieilles collègues ménopausées ou les jeunes thésardes en tailleur et frigides.
2) Je suis, par essence, bisexuel. Déjà, force m’est bien de l’avouer, ma mère est… une femme C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup !
Par ailleurs, je fus, à douze ans, déniaisé successivement par un frère et sa sœur, pendant des vacances autour d’une piscine. Il faut dire, à leur décharge, et comme l’eût sans doute confirmé Gabriel Matzneff, que j’étais assez croquignolet, à l’époque !
3) Contrairement à ce que l’on semble penser sur GA, je ne connais pas Népomucène, et n’ai jamais eu aucun contact charnel, ou même physique, avec lui. Nos relations intimes s’arrêtent à un livre que lui ai envoyé par la poste, voilà quelques mois. Reste bien sûr, et je suis ici d’accord avec toi, hypocrite lecteur, que la manière qu’a Népomucène de parler sans arrêt de moi, de me relancer et d’employer le possessif pour m’appeler sa « grosse mémère» prouve incontestablement qu’il crève d’envie que je lui explose le cul et que je remonte bien à fond jusqu’à lui titiller les amygdales. Mais bon, que veux-tu, je suis un romantique, moi, il me faut des sentiments. Et puis désolé pour Népo mais… les chauves ne me font guère bander.
4) Pour m’atteindre, certains ici me taxent volontiers d’alcoolisme. En fait, ça me fait rire. Je le fus, ou du moins je bus, jusqu’à un samedi matin de 2005 où je décidai enfin de me lever. Je n’ai de toute façon pas honte de l’alcool : ceci n’a aucune importance. En revanche, je n’accepte pas que certains, ici, présentent comme des tares ou des objets de honte l’âge, la race, le défaut physique ou le handicap. Non, non, et re-non, le mot «COTOREP » n’est ni une insulte ni une injure ! Ce étant intégré, vous pouvez bien me traiter d'alcoolique si vous êtes à court d'argument ou si ça vous fait plaisir : tant que vous essayez de m’attaquer sur l’alcool, vous, mes ennemis virtuels, ne risquez pas de m’atteindre.
5) Sur GA, je passe volontiers pour un mec froid, sans sentiment, voire cruel. En fait, je suis tout le contraire. Et j’aime les arts, notamment, surtout l’art moderne, et surtout pictural. Mais bon, je répugne tellement à me livrer, et je crains à un point tel de passer pour une chochotte, que lorsque j’évoque ma passion, c’est toujours avec morgue, et pour l’envoyer à la gueule de ceux que je désigne comme mes ennemis.
6) On croit volontiers que je n’aime personne. C’est faux, j’ai aimé, et j’aime, un petit garçon et une petite fille. Du calme, les pervers de Legarçon.net : je ne suis pas pédophile, hein. J’aime, tu peux comprendre ça: c’est très différent ! Je veux dire, je suis prêt à aller construire des chateaux de sable sur une plage en Espagne ou à m'extasier devant un dessin aux feutres qui ferait gerber n'importe quel type normalement constitué. J’aime et j’ai aimé leurs mères, aussi, mais je n’en parle jamais, car on n’est pas des pédales, merde, quoi ! En fait, j'ai un petit côté Bashung, en moi...
7) Quand je suis à court d’argument, j’essaye d’atteindre mes détracteurs en les attaquant sur leur sexualité. Et, je ne peux pas m’en empêcher, j’imagine spontanément qu’ils sont passifs, comme si c’était une honte, une déchéance de la virilité, un moins-être. Bien sûr, moi, lorsque j'évoque mes expériences homosexuelles, je me pose toujours, et résolument, en actif non négociable. Je n’avouerai jamais que, dans mes fantasmes les plus torrides, je rêve de me faire prendre en levrette, sous un pont glauque, par Jeff Stryker ou Ralph Woods. C'est ce qui me permets d'assumer mon homosexualité, ou du moins mes galipettes occasionnelles avec des partenaires de mon sexe.
8) Je suis souvent, il est vrai, de mauvaise foi. Pourtant, je suis intelligent, et je crois pouvoir dire, sans prétention ni fatuité, que je suis très vif d’esprit. Je réagis rapidement, je vois très vite ce qui peut être choquant ou délirant dans le discours d’autrui; j’ai quelques connaissances mais surtout une logique ou une idéation qui pose souvent, à la bonne place, les vrais problèmes.
Reste que je refuse d’être contredis, ou d’avoir tort, et que ce refus m’amène parfois à être violent verbalement, voire à dire n’importe quoi. Tout en posant les bonnes questions, il m’arrive assez souvent de faire des procès d’intention et de n’être pas compris. C’est dommage, car je ne suis, au fond, qu’amour. Le jour où j’apprendrai à dire « je ne sais pas», voire « oui, ok, j’ai tort », j’aurai fait un grand pas. Mais entre nous, mon bon vieux double lecteur, ce n’est pas demain la veille !
9) Quoi, quoi, comment ça, il ne fallait faire que sept points ? Tu crois que je suis un larbin, comme toi, une pauvre merde, un soumis qui obéit aux règles et qui croit voir l’infini dans le cul de Steevy ? Dégage, tire-toi de mon blog, cuistre : tu ne me mérites pas !
10) A dix ans, justement, j’eus ma première érection consciente et me paluchai jusqu’au sang sur une image d’Achille Talon.
11) Je ne l’avouerai jamais, mais j’aimerais sacrément faire une partouze avec Loracle et quelques autres. Avis aux amateurs.
12) Tous ceux qui croient que je n’ai pas de cœur seraient bien surpris d’apprendre que j’ai… un chien. Eh ouais ! Il n’a pas d’âge (id est, presque aussi vieux que cette chienne de Népo), il ne rerssermble plus à rien, est malade, handicapé, souffrant, et pourtant je l’aime : c’est ainsi. Il s’appelle Guevara, ou Che, ou Fidel, ou Médor, ou encore Doddy91, peu importe : eh, l’ami, tu croyais quoi, que j’allais baisser la garde et faire du sentiment, là? Crève, salope ! Et sache que tu n'auras jamais, à mes yeux, le centième de la valeur de mon chien à demi-mort.
13) J’habite depuis toujours aux Buttes-Chaumont. Depuis quelque temps, sur GA, je répète, jusqu’à l’écoeurement, que j'ai une terrasse. Bon, à vrai dire, ma terrasse, c’est plutôt une espèce de balcon somme toute assez médiocre. Peu importe : j’aime faire envie ! L’un des paradoxes de ma personnalité, c’est que je détecte et que je pointe très vite la suffisance et la fatuité d’autrui (ici, on éviter de penser à un certain reptile millénaire) mais que j’adopte le même comportement, dès que je le peux. Un psy dirait sans doute que je souffre d’un complexe d’infériorité mais moi, les psy, je les encule à sec, avec capote mais sans poppers.
14) Dans ma famille, il y a des gens qui n’ont pas été top, pendant la seconde guerre mondiale. D’où, sans doute, ce besoin quasi physique que j’ai aujourd’hui de crier, en multipliant les posts vindicatifs ou les commentaires assassins, mon sens de la tolérance. Ca me conduit certes, parfois, à l'intolérance, mais je ne suis pas à un paradoxe prêt. Sarko estr un pourri. Ne discute pasn;,z
15) J’ai trente-sept et malgré tout ce que j’ai construit depuis un an, ma vie ne me satisfait pas. J’aimerais essayer d’autres choses, me lancer dans de nouveaux projets… mais n’est-il pas trop tard ? Parfois je doute, parfois j’ai peur… mais bon, il ne s’agirait pas que je passe pour une grosse pédale sur GA, hein !Alors je préfère agresser mon prochain : c’est plus confortable, c’est plus rassurant.
16) Un jour, c’était il y aun an ou deux, une femme qui m’aimait, et qui s’accrochait à l’espoir de (re)construire quelque chose avec moi, m’a envoyé le dessin de son fils, qui me disait qu’il m’aimait. A toi, rien qu’à toi, je peux bien avouer que ce jour-là j’ai failli flancher. Et puis l’intellect a repris le dessus, car l’intellect est ma bouée de sauvetage…
17) Eh, cuistre, as-tu pu croire un instant que j’étais sincère ? Ces quinze points, tout ça, ce ne sont que des conneries. Et je t’emmerde, espèce de Lefuneste !
Bon, ici, normalement, je devrais désigner sept personnes qui raconteraient, elles aussi, leur vie en sept points. Mais je l’ai dit, déjà, vos règles de pédés, moi, ; j’en ai rien à foutre. Et puis la posture que j’ai adoptée depuis 2006, sur GA, veut que je n’aie pas d’amis. Alors allez tous vous faire foutre et, au retour, poursuive la chaîne qui veut.
Népo, alias Népomucène, alias Grand Dadais, est actuellement indisposé indisponible. Si j’ai bien compris, il est présentement (ça, c'est pour faire plaisir à Ernest) quelque part, en train de faire quelque chose – ou pas – peut-être avec quelqu’un – ou seul. L’hypothèse selon laquelle il serait dans un lieu de rêve – je ne sais pas, moi, Roubaix ou Garges-lès-Gonesse, par exemple – en train d’expérimenter les plaisirs du fist-fucking et/ou de la scatophilie me semble on ne peut plus… hypothétique.
Quoi qu’il en soit, privé d’Internet, notre grande andouille, donc, m’a demandé de diffuser sur mon blog les réponses en sept points au jeu crétin (spéciale dédicace à Jacques) qui sévit cet été sur Gayattitude. Et comme je suis bon j’aime apporter assistance et secours aux indigents, j’ai accepté. Alors donc, ci-dessous, les réponses de Népo.
1) Ma journée-type est assez classique. Levé aux aurores, vers 15h00, je dévore les quotidiens nationaux tout en avalant deux ou trois tartines de cette délicieuse confiture à la moule que ma grand-mère a eu la gentillesse de me faire parvenir. Armé d’un surligneur, que l’on pourra aisément qualifier de phallique, je surligne, donc, fébrilement, toutes les citations littéraires que je peux trouver ici ou là.
A 16h00, après une petite branlette hygiénique, et facilitée par le poster d’Alexandre Adler qui est affiché au-dessus de mon lit, je pars au café du coin, mater les pieds nus des anthropologues en tongues. Je rêve que tel m’invite, par une œillade appuyée, à me faire aimer cinq ou dix minutes dans les toilettes du café, appuyé, cambré et affable, à la cuvette des WC. Las, en l’absence de toute œillade, je me tripote sous la table en relisant L’Etre et le néant(pour faire genre) tout en pensant aux très jeunes pompiers, imberbes et exagérément musclés, de la caserne du coin de la rue.
A dix-huit heures, je rentre chez moi et j’ai, chaque fois, une érection en regardant les stores que j’ai réussi à poser tout seul, comme un grand, avec mes petits doigts onanistes, aux deux fenêtres népomuciennes lilliputiennes de mon médiocre petit studio parisien. Sacrefoutre : quand je pense que le ch’tit Pink, par exemple, a un appartement décent dans le XVIIème !
De dix-huit heures à trois heures du matin, je lis, Sartre ou d’autres auteurs de seconde zone, tout en surfant sur le Net et en inondant Gayattitude de citations plus ou moins stupides mais qui, du moins, mèneront Napinapo à l’éjaculation précoce. Je suis le seul mec au monde qui soit capable de lire et de surfer sur Internet tout en même temps. Je suis sans doute, aussi, le seul mec au monde capable de mener Napinapo à l’éjaculation. Mais ne soyons pas langue d'Eric-70!
A trois heures du matin, je me finis sur un you tube montrant Jean-Marie Proslier en string en train de s’introduire une bouteille de cidre doux dans l’anus.
Et puis je vais me coucher en rêvant au jeune et bête Iceland en train de faire des trucs cheulous et super cochons avec Chaban-Delmas.
2) Je suis en fait un mec bien, sensible et bourré de qualités. J’ai, aussi, des doutes, des failles, des faiblesses, qui me rendent infiniment aimables, pour ne pas dire désirable (pour ça, il faudrait que j’accepte enfin de me débarrasser de l’espèce de serpillière qui me sert de chevelure). Mais comme je suis, au fond, un mec foncièrement pudique, je préfère ne rien dire de moi, et hurler dans le JDI que j’ai une putain d’envie de sodomiser sauvagement, et bien sûr à sec, Louis de Funès, M. ou Jean-Sol Partre (même son cadavre, même son cadavre)
3) Mes détracteurs me disent volontiers hébéphile : calomnie, bien sûr ! En fait, je suis tout à fait disposé à enfiler Iceland, qui n’est plus jouvenceau depuis quatre-vingt bonnes années, ou même Diabolito, qui pourtant perd ses cheveux. Ajoutons, toute honte bue, que je serais prêt à accepter la bite rubiconde et modeste de Stevezissou, après deux ou trois verres de cidre doux. Alors vos accusations, hein, vous voyez où je me les mets : dans l’orifice convivial et béant de Latendresse.
4) Au cours de mes études, j’ai peloté les gros seins d’une aujourd’hui ministresse sarkoziste. C’est vrai qu’elle avait de sacrés beaux lolos, la bougresse. Ou alors, c’était les couilles de son voisin d’amphi… Je ne sais plus : après deux verres de cidre doux , je raconte vraiment n’importe quoi.
5) Par posture, je me dis blairiste. Dans la réalité, je suis de droite et, lâchons l’ignominie, plutôt sarkoziste : j’ai repéré un blondinet fils de Notreprésident à la bite duquel j’expliquerais bien la profondeur de La Nausée. Et pourtant, je suis un mec bien. Vraiment. « Etonnant, non ? », eût dit Maître Pierre, qui eût assurément vomi sur Blair, sur Sarkozy et sur son blondin de fils.
6) S’il y a, sur GA, un garçon, imberbe, glabre et au cul propre, légèrement stupide, qui a un poster d’Alexandre Adler (oui, oui : le gros) affiché au-dessus de son lit, qau’il me contacte d’urgence, en m’indiquant la taille de slip Calvin Klein.
7) Déjà le septième point ? Cécilia Cristi, c’est nul, ce jeu : il est aussi rapide que mes éjaculations lorsque je vois, en photo, Nico, du Nigaud-blog, se palucher en mangeant des haricots verts cuits à la vapeur. Enfin bon, puisque c’est le dernier point, laissons la voix à notre mère-grand, réactionnaire et homophile patentée : « Cristi, ce Griffin, il déchire, grave ! »
Nous en parlions hier et , tiens, voilà que je tombe aujourd’hui, par hasard, sur cet article du Nouvel Obs’ relatif encore à cette incroyable allocution de Notreprésident à Dakar. Apparemment, cette bonne blague n’a pas fait rire tout le monde !
Apparemment aussi, il n’y a pas que moi… qui focalise.
Je sais, je sais »… mais je n’ai pas pu m’en empêcher: il est vraiment trop drôle, Notreprésident.
« Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de remercier d'abord le gouvernement et le peuple sénégalais de leur accueil si chaleureux. Permettez-moi de remercier l'université de Dakar qui me permet pour la première fois de m'adresser à l'élite de la jeunesse africaine en tant que Président de la République française.
[…]
Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l'on doit à des amis que l'on aime et que l'on respecte. J'aime l'Afrique, je respecte et j'aime les Africains.
Je suis venu vous dire que vous n'avez pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu'elles ne vous tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu'elles sont un antidote au matérialisme et à l'individualisme qui asservissent l'homme moderne, qu'elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l'aplatissement du monde.
Je suis venu vous dire que l'homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l'homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires. » (Notreprésident, himself)
Rappel : On peut trouver l’intégralité du sketch ici.
Grâce à l’un des commentateurs indispensables et bienveillants de ce blog, j’ai pu lire dans son intégralité l’allocution présidentielle du le 26 juillet 2007, à l’Université de Dakar, dont faisait état l’article auquel je faisais référence dans mon dernier post . Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle vaut son pesant de cacahouètes, cette allocution. Ou de bananes...
Un certain Ernest me signale, ici, que je focalise trop (pour reprendre ses termes, qui une nouvelle fois me laissent songeur) sur « trop sur cet aspect des choses » - entendons, le caractère raciste de certaines remarques ou de certaines blagues. Car, m’enseigne-t-il, la bonne vanne de l’eau de Javel ne l’était en fait du tout raciste – sot que je suis ! Alors, chut…
Et puis j’ai bien compris, ici, que l’on ne devait pas parler politique, désormais, sur Gayattitude: à la place, postons, donc, des séries de photos pseudo-érotiques des années 70.
Quant à moi, d’ailleurs, j’ai renoncé à parler politique, ici du moins, un jour de 2005 où certains nous ont expliqué que, somme toute, il pouvait être concevable que la police anglaise exécute un type, Brésilien mais c’est un détail, au simple motif qu’il courait dans la rue. C’est ce jour-là, je crois, que je me suis dit que bien mieux valait poster… des photos du ch’tit Rafa(oui, parce que, bon, pour moi, les années 70, ce n’est vraiment pas très glamour, mais plutôt sous-pulls orange ou jaune-pisse mais toujours à col roulé , qui grattent et qui vous font suer comme un porc).
Laissons, donc, de côté l’essentiel de cette allocution d’anthologie(1), et intéressons-nous simplement … à la poésie de Notreprésident. Car, peut-être cela nous avait-il échappé, Notreprésident est poète :
«Alors entendez, jeunes d'Afrique, combien Rimbaud est africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en mettaient sur leurs masques, « masque noir, masque rouge, masque blanc–et-noir».(2)
C’est-y pas beau, grandiose, ça ?!
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(1) Je crois vraiment que je vais l’imprimer et l’encadrer, cette « allocution » ; je me demande même si je ne vais pas chercher le moyen de l’exploiter l’an prochain : elle est trop… trop !
(2) Aller en Afrique, à Dakar, dans une université, soit-disant dans une démarche d’ouverture et de respect, et citer pour toute référence de progrès et de modernité, Senghor et Camara Laye… Il est fort, vraiment, Notreprésident !
Alors un petit conseil estival : ne gaspillez pas vos sous à acheter les DVD de Bigard ou de Gerra, mais connectez-vous à ce site; c’est gratuit et c’est encore plus navrant marrant!
En lien avec le précédent ou Blague toujours: de notre président
Ah oui, tiens... ceci:
Rebonds
«L’homme africain...»
Retour sur le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet dernier.
Par Thomas Heams, maître de conférences en génétique à Paris.
QUOTIDIEN : jeudi 2 août 2007 Ici
Quand on lit certain commentaire(ici, le second), on se dit que malgré tout
– l’école obligatoire, l’invention de l’électricité, de la télévision et de ses médias qui nous permettent de « communiquer avec le monde entier, les prix dégriffés des billets d’avion vers les Antilles ou le Sénégal, que sais-je, l’inquiétant mais désormais inéluctable métissage de la population française, les petits feuilletons grand public et sympas diffusés aujourd’hui à la que sais-je, malgré l’inoubliable Exposition universelle de 1900 … - on a encore bien du travail !
Bon, certes, elle est vraiment excellente, désopilante, tordante, cette plaisanterie du fameux Personnellement, il est vrai, j’ai un peu de mal à rire à en rire : je l’ai entendu pendant toute mon enfance à la campagne, cette bonne blague, et je pense qu’elle court depuis plus d’un siècle alors pour moi, elle est un peu éculée. Mais elle est si drôle ! Alors ne faisons pas la fine bouche, comme disait ma grand-mère à une époque où je n’avais pas encore entendu parler de la colonisation mais où je connaissais déjà la notion d’implicite(1): elle est encore efficace… je parle de la plaisanterie d’Ernest, bien sûr ! Celle de Lalimonadebleue était moins compréhensive : je parle de sa grand-mère, bien sûr !
Et puis bon : puisque nous parvenus à une époque où il paraît que l’on peut désormais tout dire, sans que l’on ait rien à dire… dis, dis, tu sais pourquoi les petits Noirs ne mangent que du chocolat blanc !
«Plaisanterie mise à part, mon bon Ernest, une petite remarque en passant. Oh, juste comme ça, on ne sait jamais : aussi extraordinaire que cela puisse paraître, les nègres ont eux aussi le plat des mains et la plante des pieds… blancs. Dingue, non ?!
M'enfin… "Garçon, une bière : c’est ma tournée !"
_______________________ (1)IMPLICITE (adj.)
B. Spécialement
1. LING. [En parlant d'un énoncé ou d'un discours] Qui ne figure pas explicitement et ,,dont l'interprétation nécessite le recours à des éléments situationnels extra-linguistiques`` (D.D.L. 1976).
Enseignement implicite. On parle d'enseignement implicite lorsque l'acquisition de la compétence linguistique résulte de la manipulation de phrases considérées à la fois comme des archétypes du discours visé et des étapes sur le chemin de sa découverte. C'est évidemment le modèle d'acquisition de la langue maternelle (D.D.L. 1976).
Proposition implicite. Elle [la proposition] est implicite, imparfaite ou elliptique, lorsque le sujet ou le verbe ne sont pas exprimés, et que l'on se contente d'énoncer quelque mot qui, par la liaison que les idées accessoires ont entr'elles est destiné à réveiller dans l'esprit de celui qui lit le sens de toute la proposition (DU MARS. t. 5 1797).
2. LOG. Compréhension implicite. ,,Ensemble de tous les caractères contenus dans un concept, y compris ceux qui ne figurent pas expressément dans la définition mais qui en découlent`` (LAFON 1963).
Chaque fois fois qu'elle le peut, ma mère, qui n'est pas lesbienne, me répète avec la même conviction enthousiaste: "Quelle jolie fille, quand même, cette Rama Yade!"
Certes, elle n'est pas vilaine, même si, il faut bien l'avouer, son style s'approche assez peu de celui de Jean Galfione.
Mais le problème n'est pas là: les rares fois où j'ai vu cette jeune femme, dont je ne soupçonnais même pas l'existence voilà six mois, sur les plateaux de télévision, je l'ai trouvée d'un professionnalisme et d'une bêtise affligeants.
Peu importe: après tout, peut-être cache-t-elle bien son Je
En revanche, m'intéresse bien ce petit filet qui montre, une fois de plus, la réalité d'un gouvernement Sarkozy fondé sur le travail, le mérite et le parler vrai.
A toi, baladin discret ou aveugle éclairé, qui m’en as fait la remarque, je te dirai qu’effectivement, j’ai effacé mon blog, début juillet. Comme un homme qui, arrivé au milieu de sa vie et installé désormais dans un certain confort, décide de tout abandonner et de partir. Ou, encore, comme un enfant trop sage qui, adulte, se met, à sauter dans la flaque d’eau du chemin.
Somme toute, je préfère ce second exemple, qui peut sembler moins grave que le premier. Car rien n’est moins grave, moins important qu’un blog.
Je fus longtemps cet enfant qui regardait les autres sauter dans les flaques du chemin, en relisant inlassablement, assis sur la pierre en bas-côté, L’Ile au trésor de Stevenson. Je suis cet adulte à la dérive qui ouvre Le Soulier de satin et qui passe les jours à servir de point d’amarrage, de repère ; celui qui indique le chemin pour éviter les flaques…Cet adulte raisonnable et mensualisé qui a dû aller voir une bonne dizaine de fois Jacques Higelin en concert et qui, chaque fois, s’est exclamé, en se tournant vers toi (selon les époques, Patrice, Babette, Olivier, Agnès, Nicolas, Karim, Catherine bien sûr…) et en tressautant : « tu as vu, tu as vu : c’est moi qu’il regarde !»
Cette année a été celle de nombreux changements, certes voulus mais qui ne m’ont pas laissé indemne ou, du moins, qui n’ont pas toujours été faciles à négocier.
Il y a eu ce garçon, aussi : H. Un jour, je parlerai de H… Bref, je n’allais pas très bien, voilà quelques mois, je me sentais seul, mal à moi, et, à cette époque j’ai sans doute passé trop de temps sur Gayttitude. Et ici, plutôt qu’un long discours, on songera à cette phrase d’Henri Miller, exergue de Printemps noir qui m’avait tant frappé, et dérangé, à vingt ans : « Ce qui ne se passe pas en pleine rue est faux, dérivé, c'est-à-dire littérature ». Et puis à cette autre, de mon meilleur ami, JC alias J, qui nous valut tant de discussions et de disputes : « Je dis ne rien vouloir ». Naufragé volontaire, j’ai trop voulu, sans doute alors, trop attendu de GA, pitoyable Hamlet. Car n’en déplaise au Prince du Danemark, le JDI, c’est tous sauf la vie.
Alors, ces derniers mois, Griffin avait fini par me peser. Je pense à Pheel, aussi… Mais, surtout, à toutes ces photos du ch’tit Rafa, et à leur réception par ceux, les plus nombreux de mes rares lecteurs, qui tombaient sur mon blog par hasard et ne comprenaient pas. Mais de cela, j’ai déjà parlé, au début de ce post. Un jour, il faudra, aussi, que je raconte Laurent, dit « Le Laurent » M, qui était en Terminale et néanmoins perché sur une branche d’un arbre de la cour du lycée, le jour où je suis entré en seconde. Lorsque j’aurais trouvé les mots… Comment ça, vous ne comprenez jamais rien à ce que j’écris ?
Lassitude : ces derniers mois, j’ai souvent eu l’impression de répéter sempiternellement les mêmes idées, les mêmes manques… à être.
« Des pensées, un fourmillement, toutes également frappées de stérilité une fois la promenade terminée (…) On dirait que c’est un le déplacement machinal de son corps qui les fait se lever toutes ensemble dans un mouvement désordonné, confus, généreux. »
Et puis un jour, donc, ou peut-être une nuit, près d’un lac, je m’étais endormi et j’ai soudain effacé ce blog… ni pas colère, gêne, peur soudaine ou déception, non, juste comme ça, sans réfléchir, comme on plonge de la falaise dans la mer ou comme on se dit tout à coup : « après tout, pourquoi pas ? » C’est très facile, en fait : il suffit de cliquer à tel endroit qu’on nous désigne, ça prend une seconde et c’est sans conséquence.
Et puis, quand on a conscience de la limite ses limites, tout devient terriblement si indifférent… si facile.
Pourtant, au bout de quelques jours, j’ai eu ce besoin de revenir sur Gayattitude et j’ai inventé alors de commencer un autre blog, débarrassé de Griffin et de tout écrit personnel. J’ai changé de pseudo comme on change de peau, de continent ou de fesses.
La petite anecdote amusante, c’est qu’une personne, une seule, m’a reconnu, si je puis dire, et ce immédiatement : celle à qui certains, ici, dénient précisément toute finesse d’esprit et toute capacité d’empathie. « Etonnant, non ? », eût dit Maître Pierre. C’eût pu être Herminien, aussi, qui seul comprend les silences et les chansons de Barbara…
Mais bizarrement, je me suis vite rendu compte que je m’étais, au fond et au fil de ces trois ans, attaché à ce signifiant ou à cette identité de Griffin. Sans réelle raison objective, je n’avais pas envie qu’il puisse être un jour récupéré par quelqu’un d’autre ; et puis, tout aussi étrangement, en me connectant sur GA sous une autre identité que celle de Griffin, j’avais l’impression de mentir. A qui, je ne sais pas : j’ai peu de contacts sur Gayattitude, peu de lecteurs, et rares sont les connectés à qui « Griffin » dit quelque chose. Alors aux quelques-uns, sans doute, dont je pensais qu’ils avaient peut-être l’impression de me connaître, qui m’avaient apporté parfois beaucoup, par leur conversation ou leurs commentaires, et desquels désormais, même si involontairement, je me cachais.
Et puis, quoi, le poète l’a assez dit, le signifiant n’est qu’un réceptacle, un sac dans lequel on met les signifiés que l’on veut, un signe dont les connotations débordent tellement la simple dénotation. Une fille du port, eût dit Duras. Alors, pourquoi pas « Griffin » plutôt qu’un autre ?
Un jour où je voulais commenter un post d’ET, j’ai repris le pseudo « Griffin » (j’ai repris le pseudo Griffin) et puis… j’ai recommencé à écrire, ici, un peu.
Un peu plus tard, j’ai supprimé mon autre compte, car il me déstabilisait déplaisait d’avoir ici deux identités différentes.
« Voilà, tu la connais, l’histoire » ; et, non, je n’ai pas de regret d’avoir effacé ce blog. Une fois encore, ce n’est rien, un blog ; et puis, en lisant cette page du Journal de Jules Renard, je pensais surtout à moi.
J’ai toujours eu envie d’écrire journellement, ici, mais jamais je n’en ai eu, ou pris, le temps.
Ce qui m’intéresse, dans l’idée de « journal intime », ou de « blog », c’est la possibilité pour son auteur de voir et ses ruptures et sa continuité au fil des mois et des ans – ou, pour dire les choses plus simplement, de se saisir, dans l’écriture, en tant qu’être en processus d’écriture de soi. Dans les faits, j’écrivais, souvent très vite, et ne relisais jamais, ni les posts que je venais d’écrire ni mon blog. Les commentaires, oui, avec attention, car le seul intérêt, la seule justification du blog, me semble-t-il, c’est la richesse des commentaires – d’où la bêtise des whitelists et de tout ce genre de trucs. Mais, sinon, je suis trop peu dans l’amour ou dans l’admiration de moi pour avoir jamais eu cette envie effective de relire ce que j’avais écrit un ou deux ans ou même un mois auparavant. Mon blog, en fait, c’était donc un peu comme ces cahiers d’écolier, ces petits trésors d’enfance ou ses premiers poèmes, que l’on garde rangés dans une boîte au grenier, en se disant qu’un jour on les regardera, et puis que l’on finit par jeter, sans réel regret, le jour où l’on déménage et où il faut faire de la place.
Tous ces mots de trois ans sont désormais effacés ; qu’importe : je pense que c’est au fond le destin, la seule justification, de tout blog.
A vrai dire, et si l’on excepte tous les commentaires que certains m’ont laissé, et qui m’ont parfois beaucoup appris, il y a un texte, un seul, que je regrette : c’est celui que j’avais écrit après avoir vu le film Mysterious skin. Je ne sais pas pourquoi, car le thème principal m’est au fond assez étranger, mais ce que je sais, c’est que j’avais mis pas mal de moi, dans ce compte rendu. Et, bien entendu… je ne l’avais pas enregistré ailleurs.
Ironie du sort. Voilà quelques mois, j’avais noté sans y songer, sur le blog de Chapi, l’adresse d’un site qui, justement, permettait de retrouver les pages effacées d’Internet. Alors, ces derniers jours, j’y suis allé et j’y ai effectivement retrouvé une partie de mon blog. Las, ça s’arrêtait, je crois, en 2005 ; en tout cas, je n’ai pas retrouvé ce fameux texte sur Mysterious Skin. C’est sans doute que tel était, là aussi, le destin de ce texte, dirait Jacques.
Alors tant pis. Un jour, sans doute, je reverrai ce film, et peut-être me donnera-t-il l’envie d’écrire à nouveau.
En attendant, continuons ce blog, trois ans ou quelques jours…
"Il n'y a pas à avouer qu'on en est, parce que ce n'est pas une faute. Il n'y a pas à proclamer qu'on en est parce qu'il n'y a pas là de quoi tirer une fierté. Il y a simplement à dire qu'on en est parce que c'est comme ça. Ni honte, ni prosélytisme... Dire l'homosexualité, c'est la déculpabiliser." Jean-Louis Bory (1919-1979)
"J'ai couru après le temps
Il portait un manteau de pluie
J'ai déchiré en l'approchant
Un bout de tissu et depuis
C'est à minuit que ça arrive
Quand vous passez au jour suivant
Moi je reste sur l'autre rive
Pour une minute encore vivant
Une minute pour se faire la belle
Avoir la lune sous mes semelles
Et les cheveux dans les étoiles..."
Renan Luce, "24h01" (extrait), 1960
Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.
(Poème attrué à Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.)