Je lis : des ratures. Je cite : «On met tellement de temps à devenir adulte, c'est toujours trop tard, et la vie se venge en nous infligeant des peines qui ne s'effacent pas et des remords affreusement amers.» (Frédéric Mitterrand) (mis à jour dimanche 18 novembre 2007 à 08:58)
Parce qu’il y a des posts que l’on aimerait avoir écrits ou bien, du moins, dont on se dit qu’il serait vain d’essayer de faire mieux, je repompe ici sans vergogne Bamf(Non, non, Népo : en aucun cas ça ne veut dire que j’aie eu jamais quelque attention buccale pour la personne dudit Bamf : j’évoque tout simplement l’un de ses posts, que l’on trouvera ici, ou ci-dessous)
"
- Par cette apposition de ma main, je te transmets, petit sauvage, le savoir de l'homme blanc...
- C'est Henri Guaino qui écrit vos répliques ?"
On remarquera, au-delà de la bouille mi-gênée mi-navrée du gamin, celle hilare de sa camarade, au deuxième plan et, surtout, l’empressement d’un photographe, que j’imagine une, attendrie et enthousiaste, sur la gauche – donc sur la droite.
PS : (Non, non, ces initiales ne renvoient plus pas à celles d’un parti politique qui fut autrefois actif et défendit des valeurs humanistes et humaines) A ceux qui me diraient encore que je « focalise » (sic) sur certaines thématiques – manière élégante de ne pas dire que je suis obsédé par elles - je répondrai que non, non, pas du tout, je ne me prends pas pour le chantre de l’antiracisme* mais que, lorsque l’on est un tout petit peu bronzé et que l’on a grandi dans une province très… provinciale, ou que l’on est homo, révolutionnaire ou tout simplement idéaliste, et que l’on lit ceci, par exemple, on peut difficilement rester indifférent à certaines images ou à certains propos.
PS bis : Tiens, au fait, cette photo me rappelle aussi que, quand j’étais môme, je n’avais pas le crâne rasé (ce n’était pas encore à la mode, sauf chez les skins, qui étaient rarement noirs) mais il y avait toujours des beaufs qui me passaient la main dans les cheveux « pour voir » ou parce que « les cheveux crépus, ça fait bizarre… mais c’est tellement doux ». Inutile de préciser que je trouvais cela désagréable et humiliant.
PS ter : Pauv’ môme, quand même : j’espère bien que ses parents vont intenter un procès au ministre, soit pour atteinte du droit à l’image (je crois que c’est dans l’air du temps) soit pour pédophilie (depuis Ségolène 97, c’est aussi très mode)!
* J’ai répondu, ici, dans un article qui n’a pas été lu ou qui, du moins, n’a suscité aucune réaction.
10 octobre 2007 ou Où, pour une fois, Griffin milite pour "Cosa Nostra"
Je n’ai jamais été un grand militant de « la cause homosexuelle », ce pour deux raisons. D’une part, j’ai toujours pensé, ou du moins eu l’intuition, que la sexualité ne faisait pas l’identité ( (autrement dit, dis-moi qui tu aimes, ou dis-moi avec qui tu couches, et je ne te dirai pas qui tu es) D’autre part, j’ai toujours considéré que la sexualité faisait partie de l’intime plus que du social : je me fous totalement de savoir si mon boucher préfère les femmes ou les hommes ; tout autant, de savoir si les parents de Romain sont un couple hétéro ou homosexuel – tant qu’ils sont un couple, dirai-je...
Avouons-le, une chose m’a fait cependant me remettre en question, voilà quelques mois : c’est un post de Snoop, vite effacé, dans lequel celui-ci parlait d’une affiche apparemment controversée, qui devait se trouver dans le métro parisien. Et Snoop disait alors que si une telle affiche permettait au moins à un gamin ou à une gamine de se sentir mieux, parce que moins seul, moins différent, alors elle était légitime et utile.
Je pense qu’il avait raison, même si je crois être, moi, d’une génération qui, contrairement à la précédente, se fout un peu de savoir si Jean Marais « en » était ou pas, qu’Albertine ne portait pas des bonnets C ou que Yann Andréa allait jouer les « pute de la côte normande » avec tous les marins du port. Steevy le Boulet ou Luis Mariano peuvent bien préférer le bouc à la bique, comme dirait ma reum dans son langage châtié, je crois que ça ne me fait ni chaud ni froid; du moins, que ça ne m’aide pas à vivre et, en tout cas, ça m’intéresse assez peu. Mais, encore une fois, en lisant Snoop, je comprends que cela puisse être important pour certains, entendons les aider. Et puis, soyons honnête : je suis sans doute, moi, le fuit du courage d’un Jean-Louis Bory face à ce inénarrable crétin de Docteur Amoroso, par exemple.
Mais ma situation est peut-être différente de celle de l’homo lambda, si tant est qu’il existe un homo lambda. En effet, je l’ai déjà dit, ou suggéré, ici, je ne me constitue pas, moi, sur une différence, mais cristallise un certain nombre de différences, de marginalités, plus ou moins sociales, plus ou moins visibles – et, dont l’homosexualité n’est qu’une parmi d’autres. D’où, sans doute, mon agacement, sur GA ou ailleurs, en voyant ces gens ou ces insignifiantes ineptes Madame Hervé qui se complaisent, comme on s’abîme dans l’abyme de son nombril, à l’homosexualité, dans le mépris ou dans l’indifférence des autres marginalités.
Entendons-nous : je ne peux pas prendre au sérieux quelqu’un qui revendique son homosexualité, qui milite pour « la cause homosexuelle », qui manifeste, qui trépigne et/ou se met des plumes dans le cul ou porte des slips australiens - et qui ne se sent pas, tout en même temps, concerné par le racisme ou la xénophobie, le discours de Dakar, le handicap, l’exclusion (des pauvres, des malades, des vieux, des orphelins…), la shoah, que sais-je encore... La seule identité que nous donne (encore) l’homosexualité, me semble-t-il, c’est celle de marginalité, de minorité, de différence.
Enfin bref, militer pour la seule « cause homosexuelle » ne me semble ni sérieux ni intéressant. Et l’homosexualité, en soi, n’est pas intéressante. « Je suis homosexuel » : ah, la belle affaire ! On est content pour toi, mon gars ! « Au suivant », disait Brel...
Cependant – bien plutôt devrais-je dire « justement » - je ressens aujourd’hui l’importance, à tout le moins l’intérêt de relayer, par mon blog, cette information que j’ai trouvée sur un site libidineux d'hommes qui aiment les hommes :
« Imed est un défenseur des droits des gays et des lesbiennes en Algérie, il est à la tête d’un groupe qui chaque jour, propose différentes actions pour faire avancer les mentalités. Il nous a informé par mail que la Journée Nationale des Gays et Lesbiennes d’Algérie aura lieu le 10 octobre prochain. Cette journée consistera essentiellement à allumer une bougie à 20h dans chaque foyer où vit un gay ou une lesbienne. Une action discrète, mais très chargée symboliquement. Nous souhaitions relayer cette information par solidarité avec nos amis gays d’Algérie.
Imed est également le webmaster d’un blog, comme une fenêtre ouverte sur les conditions des gays en Algérie »
Ce qui m’intéresse, dans cette démarche, c’est non seulement qu’elle montre que dans nombre de pays, l’homosexualité reste un problème, une difficulté ou une impossibilité à dire – mais aussi qu’elle est ici, tout simplement, une tentative désespérée voire tragique d’affirmer et d’assumer sa différence – quelle qu’elle soit. « Je suis différent » et cela ne doit pas m’empêcher d’être…
Tiens, voilà qui pourrait peut-être faire un peu réfléchir les choupiniais et les chasseurs de chair fraîche formatée et stéréotypée qui pullulent sur les chats de rencontres et les polluent, en ces années 2000.
Bref,
VIVE L’ALGERIE ET LES ALGERIENS ! **
Et bonne chance, aujourd’hui, avec vos bougies !
* Je n'ai pas tout lu mais il a l'air franchement pas mal, ce blog.
** Non, non, Jérôme, ce n’est pas un appel de la bite du pied à cet ineffable François Sagat qui vous fait, vous, tellement fantasmer.
Beaucoup d'étudiants qui vont entrer à la fac cette année sont nés en 89.
- Ils n'ont jamais chanté « We are the world, we are the children » ou «Sunday bloody sunday», ont loupé la période dance : 2 Unlimited, Corona, Robert Miles, Scatman...
- Pour eux, le sida et le chômage ont toujours existé.
- Les Twix ne se sont jamais appelés Raiders (2 doigts coupe-faim).
- Ils n'ont jamais joué à la console Atari, à l'Amstrad CPC 6128 ou à l'ordinateur MO5 (à cassette). (Eh, oh, moi non plus, hein: j'avais un TO7, pour tracer des rectangles et des cercles sur l'écran de la télévision. Et puis, à quinze ans, un Apple IIe, mais je n'ai jamais su le faire fonctionner!)
- Ils n'ont jamais connu les singes d'Homo micro (maousse costo) ou encore les cadeaux dans les boîtes de lessive (les lucioles de Bonux).
- Ils ne connaissent même pas Pac man ou Wonder woman, n'ont jamais vu les séries originales d'Hulk, Shérif fais-moi peur, K2000 ou Super copter et ne savent pas qui est l'abominable J.R. !(C'est quoi, ces séries à la mords-moi-le-noeud? Parlez-moi de "Belle et Sébastien", de "Daniel Boon", des "Mystères de l'Ouest", de "L'homme qui valait trois milliards", du "Prisonnier" ou du "Sixième sens", quoi!)
- Ils n'ont jamais connu les t-shirts Waikiki, les coupe-vent Creeks, la folie à l'arrivée des Reebok pump et des Puma à disque, et ne savent pas qui est Fido Dido ! (Qui est Fido Dido: le chien du "Club des cinq"?)
- Le CD est apparu quand ils avaient à peine 1 an et ils n'ont jamais eu de 45 tours de Chantal Goya. (Moi non plus: ma mère avait un minimum de goût, quand même).Ils pensent que Casimir c'est de la House à tendance vintage (Oh, les sots!).
- Ils ne savent pas ce que c'est que d'écouter la radio à grandes ondes, ignorent comment étaient les anciens téléviseurs et ne peuvent pas expliquer comment on faisait sans télécommande.
- Il se peut qu'ils n'aient jamais regardé Goldorak, ni Star Treck, ni Heidi ou Maya l'Abeille.
- Ils ne connaissent même pas Dorothée, Jackie, Corbier, Ariane et les autres, et sont passé à coté de merveilles télévisuelles telles le « Miel et les abeilles » ou « Hélène et les garçons», et n'ont jamais vu chanter Carlos ou Annie Cordy. (D'un autre côté, est-ce vraiment un mal?)
- Ils ignorent que Ron Howard est Richie Cunningam dans « Happy days » (ne parlons pas de Fonzie…)
- Ils croient que James Bond a toujours été Pierce Brosnan et ils ne pensent pas aux «Dents de la mer » quand ils se baignent.
- Ils croient que les pattes d'éph sont une invention des années 2000 et que le téléphone avec fil et numérotation avec le disque perforé est un objet de science fiction, que le minitel est seulement un objet de déco rétro. (Ah, les pauvres: s'ils savaient comme on a pu s'éclater et se déniaiser, vers 15-16 ans, avec le minitel rose, à plus d'un franc la minute!)
- Pour eux, les patins à roulettes ont toujours eu des roues alignées et Mickaël Jackson a toujours été blanc.
- Ils ne croient pas que Yannick Noah a été un joueur de tennis avant et pensent que Coluche était uniquement un restaurateur à bas prix.
- Ils savent que Giscard est un ex... Mais un ex quoi ?
- Ils n'ont pas connu la frénésie des collectionneurs de pin's ou des cartes téléphoniques, n'ont jamais vu de Sega Master System, de Neo-geo, ou de Lynx Reebok(Mais de quoi me parlez-vous?!)
- Ils n'ont jamais connu FR3, Antenne 2 ou la 5, pensent que le « Bébête show » est une émission animalière, n'ont jamais entendu parler de Benny Hill ou Stéphane Colaro.
- Ils ont loupé le merveilleux magazine qu'était « Pif Gadget » et n'ont jamais connu la joie des magazines d'autocollants Panini foot et n'ont jamais connu «Les crados», ces stickers dégueulasses, mais tellement rigolos... (Cristi, mais moi non plus, je ne connais pas "les crados"!)
- Ils n'ont pas connu les voitures avec des phares jaunes.
Alors dis-toi que ces gens qui vont rentrer à l'université cette année...
Ce sont EUX les JEUNES maintenant !!!
Voici quelques symptômes de ton vieillissement :
1) Tu comprends le texte ci-dessus et tu souris en te disant «putain...»
2) Tu fais parfois du sport et tu racontes très fier que tu en fais (quand tu en fais...)
3) Tu as des remèdes dans ta table de chevet pour maux de tête, maux d'estomac...
4) Les enfants te disent maintenant Madame ou Monsieur et te vouvoient !
5) Tu as besoin de plus d'une matinée pour te remettre d'une nuit blanche (si, si).
6) Tes amis se marient, créent une famille.
Voilà les VIEUX… ;)
Alors... mon bilan personnel:
1) Je comprends le texte ci-dessus et je souris (jaune en me disant "cristi...")
2) Je me promets chaque semaine que, le week-end prochain, je me mets au footing, voire que je m'inscris dans un club de musculation ou de badminton.
3) Je n'ai pas de rermèdes dans ma table de chevet pour maux de tête, maux d'estomac... mais il m'arrive de boire de la tisane - ma préférée étant "Pomme canelle", de M. Elephant.
4) Ca fait maintenant une bonne dizaine d'années que les enfants, et même les adolescents, me vouvoient et m'appellent Monsieur - voire Madame: si, si, promis, c'est arrivé plus d'une fois!
5) Pour me remettre d'une nuit blanche, j'ai besoin de plus ... d'une journée.
6) Certains de mes amis pourraient presque être grands-parents.
Mouais... en vérité, je vous le dis, plus ça va, plus ça sent le sapin, cette affaire-là!
"Il n'y a pas à avouer qu'on en est, parce que ce n'est pas une faute. Il n'y a pas à proclamer qu'on en est parce qu'il n'y a pas là de quoi tirer une fierté. Il y a simplement à dire qu'on en est parce que c'est comme ça. Ni honte, ni prosélytisme... Dire l'homosexualité, c'est la déculpabiliser." Jean-Louis Bory (1919-1979)
"J'ai couru après le temps
Il portait un manteau de pluie
J'ai déchiré en l'approchant
Un bout de tissu et depuis
C'est à minuit que ça arrive
Quand vous passez au jour suivant
Moi je reste sur l'autre rive
Pour une minute encore vivant
Une minute pour se faire la belle
Avoir la lune sous mes semelles
Et les cheveux dans les étoiles..."
Renan Luce, "24h01" (extrait), 1960
Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.
(Poème attrué à Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.)