Je lis : des ratures. Je cite : «On met tellement de temps à devenir adulte, c'est toujours trop tard, et la vie se venge en nous infligeant des peines qui ne s'effacent pas et des remords affreusement amers.» (Frédéric Mitterrand) (mis à jour dimanche 18 novembre 2007 à 08:58)
C’est incroyable, quand même, Internet et les recherches auxquels il autorise. En effet, grâce à Kosmo*, abusivement qualifié d’Helvète caustique dans un précédent post, je viens de retrouver enfin et le titre et la trace de ce feuilleton(il paraît qu’on dit « série ») dont je parlais ici.
Quelle émotion ! Vraiment.
C’est amusant car le personnage si effrayant que j’évoquais ne s’appelle pas du tout Molloch, mais « Grand Quizitor »; et j’avais complètement oublié et la raison de la présence de ces adolescents sur l’Ile, et celle du mode de vie de la population locale.
Grâce au synopsis, je crois comprendre un peu déjà ce qui me faisais si peur dans cette « série », et qui me semble somme toute très freudien. Mais bon, comme un blog, ce n’est pas un journal intime, passons…
J’ai cru comprendre que la « série » était sortie en DVD alors… je pense que je vais essayer de la trouver, et de l’acheter.
Le plus drôle, c'est que le titre de cette série, que j'avais perdu, est donc... "L'Ile perdue".
"Etonnant, non?" (Pierre Desproges)
A suivre, en tout cas…
* Il me soufffle, comme une timide protestation teintée de honte, et on le comprend, qu'il est en fait franco-helvète. Soit, accordons-lui, donc, qu'il ne porte des sous-vêtements Damart et qu'il ne se remplit la panse de fondue que six par an.
Puisque nous en sommes aux souvenirs… j’ai oublié.
Help !
Depuis plusieurs moi, je cherche désespérément le titre d’un feuilleton qui passait à la télévision, dans mon enfance, et qui me terrorisait.
Le peu dont je me souvienne, c’est que l’histoire se passait sur une île extrêmement mystérieuse. Il me semble qu’il y avait une bande d’adolescents échoués là sans aucun encadrement adulte. L’île était gouvernée, ou sous la main, d’une créature terriblement mystérieuse qui s’appelait peut-être Molloch ou quelque chose comme cela. Il me semble aussi que ce personnage et ses hommes de main ou plutôt ses disciples – car ça faisait un peu penser à une secte - avaient le visage dissimulé par une cagoule comme en portent par exemple les membres du Ku Klux Klan. Il me semble, aussi, qu’ils vivaient dans une sorte de grotte. Ce Molloch, si tel était bien son nom, avait une voix très grave, voire caverneuse, qui me terrifiait. Enfin, j’ai de vagues souvenirs de cercueils, de cimetières ou de stèles, de grottes, donc, et de flambeaux. .
Quant à l’intrigue, mystère : il me semble que les adolescents voulaient quitter l’île et que cette espèce de secte les en empêchait… mais c’est vraiment très très flou dans mon esprit.
Alors voilà : si ces quelques indications très lacunaires rappellent quelque chose à quelqu’un, et si ce quelqu’un veut bien alors éclairer ma lanterne, ça sera vraiment formidable, car j’aimerais bien essayer de retrouver et de regarder à nouveau ce feuilleton, pour comprendre aujourd’hui pourquoi il me plaisait et m’effrayait tant à la fois.
Cristi: je crois que je viens subitement de comprendre pourquoi, tout au long de mon enfance, j'ai fait d'épouvantables cauchemars, terrifié à l'idée que je pouvais me faire enlever!
Un ch'tit instant de douceur dans un monde de brutes
Je vous parle d'un temps en lequel Goldorak, Sarkozy et le CAC 40 n'existaient pas encore. Une époque à laquelle Candy ne s'était pas encore tapé le Petit Prince des Collines dans son fauteuil roulant et où Martine ignorait encore tout du fist-fucking (cf. le JDI il y a un mois ou deux): c'est dire !*
Même que, pour mon départ en colonie de vacances, on m'avait offert un rond de serviette qui ne l'était pas (rond) mais qui portait, pour mon plus grand plaisir, l'effigie de Mademoiselle Kiki!
Bon sang, qu'est-ce qu'on est bien, hein, Tintin!
* Certains Helvètes caustiques et autres esprits malveillants ne manqueront pas de dire ou de penser : " tiens, ce bon gros benêt de Griffin retombe en enfance"; est-ce ma faute à moi si, dans le JDI ce soir, quelqu'un a eu la brillante idée de diffuser le générique de "Histoire sans parole"?!
En ce temps-là, le Président de la République était déjà très démagogue et portait déjà des shorts courts; en revanche, il n'avait pas de rolex et, aux chanteuses sans voix, il préférait les fleurs des bois.
Notons cependant qu'en ce temps-là, le ch'tit Rafa non plus n'existait pas. Comme quoi, nulle époque n'est parfaite!
Ce matin, au réveil, j'ai comme un feu dans la gorge, ou pour mieux dire une coulée de lave en continu - et la voix de Macha Béranger. Ca va être pratique...
Bon, j'ai trente minutes pour apprendre le langage des signes.
Tenir, tenir jusqu'à midi! Et sinon... je sens qu'on va faire chauffer le vidéoprojecteur, c'matin.
L'avouerais-je? J'ai aimé quand il est venu tout à l'heure dans ma salle désertée, à 18h02 ou 18h03, tandis que je rangeais mes affaires - qu'il m'a demandé s'il pouvait me parler et qu'il s'est assis à cette table qui était encore adolescente quelques instants avant. J'ai aimé ses yeux lumineux d'inquiétude, d'anxiété peut-être, ce sourire de convenance et cette petite voix fragile qu'il a eue pour me demander:
- " Pardon, tu as un peu de temps? Je peux te parler?"
J'ai aimé le naturel et la confiance avec lesquels il m'a parlé de ses soucis du week-end, cette façon de dépasser le jeu que nous jouons depuis un an - vendredi soir encore, il me disait, rigolard: " Allez, chiche, demain je viens, torse nu, cagoulé, dans ta cave, tu m'attaches et tu me fouettes aussi longtemps que tu le souhaites", ce qui n'est pas peu quand on connaît sa culture et sa religion - pour me montrer, tout à coup, son désarroi et sa faiblesse. J'ai aimé, c'est tout ce que j'aime, je crois, qu'il puise en toute confiance me parler de lui et de sa famille, sans fard, sans faux-semblant, dans la certitude que je l'écouterais et que je ne chercherais pas à profiter de sa parole pour - quoi: ironiser ou jouer les donneurs de leçon.
Il s'inquiète, je l'écoute, et notre inquiétude devient communion.
J'ai aimé, oui, je l'avoue, la douceur de ce moment.
Sa façon de sourire, aussi, comme un enfant gêné, comme un enfant reconnaissant.
J'ai aimé, ce soir, dans l'oubli de toute considération, et dans la crudité peu propice de cette salle 315, ses mots et ses silences, ses sourires - H, H alias I.
Merci de ce naturel et de cette pudeur fragile que tu déposes entre mes mains ou, pour mieux dire, dans le creux de mes yeux.
Avec passion, vigueur, cœur; d'une façon chaleureuse, vivante, expressive, manifestant des sentiments humains (sympathie, affection, amour). Parler chaleureusement; recommander, remercier chaleureusement qqn :
Roger (...) m'écouta d'abord avec une certaine réserve; mais quand j'eus fini, il eut un mouvement d'effusion et me serra chaleureusement les deux mains.
A. DAUDET, Le Petit Chose, 1868, p. 111.
SYNT. Accueillir, défendre, féliciter chaleureusement qqn.
P. iron. Cette organisation [dans une auberge] (...) favorise chaleureusement les punaises (BARRÈS, Une Enquête aux pays du Levant, t. 2, 1923, p. 64).
Rem. Contrairement à chaudement qui a des emplois déterminatifs et caractérisants, chaleureusement revêt seulement des nuances d'affection, d'amour; chaudement peut indiquer une intensité dans la colère ou la haine.
Prononc. et Orth. : []. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1360 chaloureusement « avec chaleur, vigoureusement » (A.N. JJ 88, pièce 78 ds GDF. Compl.); 1508-17 chaleureusement « précipitamment » (FOSSETIER, Cron. Marg., ms. Brux. I, fo 91 vo, ibid.)
PS: Je sais que je n'ai pas droit à la parole, au sujet de la politique, parce que je ne suis pas un science-poteur, moi. Je n'ai même pas fait d'études de droit public, ni rien. Pour vous dire: je n'ai même pas un studio médiocre dans le septième ou dans le dix-septième... alors que me mêlé-je de politique.
Nadal m'en garde: moi, je me contente de lire Mallarmé.
Alors qu'est-ce que je me la ramène?
Il n'empêche: peut-on vraiment féliciter, chaleureusement ou pas, Poutine de quoi que ce soit?!
Notre cher Président aurait-il enfinviré à coups de botte dans le fionlimogé remercié le raciste* l'ineffable et désopilant Henri Guaino**?
Car, pour le coup, je trouve plutôt sensée, et intéressante, sa dénonciation du colonialisme, à Alger, ce jourd'hui. Bon, il est bien entendu car ça ne fera pas de moi un sarkoziste; mais quel progrès, depuis Dakar!
* Oui, oui, Ernest aux pieds blancs: désolé...
** Je crois que je n'avais pas trouvé un politique (puisqu'il se pose en politique) aussi fat et aussi méprisable d'hypocrisie depuis Balladur.
Où Griffin, pédagogue dans l'âme, tente désespérément de contribuer à l'élévation spirituelle des singes abusivement dits savants.
Nous sommes à la fin du roman (dernière page). L'auteur a le choix entre une fin fermée (pas de suite et mort du personnage principal) ou une fin ouverte (suite, et le personnage principal ne meurt pas). Or, cette dernière page est originale car elle est les deux à la fois.
Texte :
Cependant, au moment où le corps fut placé dans le corbillard, deux voitures armoriées, mais vides, celle du comte de Restaud et celle du baron de Nucingen, se présentèrent et suivirent le convoi jusqu'au Père-Lachaise. A six heures, le corps du père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière due au bonhomme pour l'argent de l'étudiant. Quand les deux fossoyeurs eurent jeté quelques pelletées de terre sur la bière pour la cacher, ils se relevèrent, et l'un d'eux, s'adressant à Rastignac, lui demanda leur pourboire. Eugène fouilla dans sa poche et n'y trouva rien, il fut forcé d'emprunter vingt sous à Christophe. Ce fait, si léger en lui-même, détermina chez Rastignac un accès d'horrible tristesse. Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs, il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d'un coeur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les nuages, et, le voyant ainsi, Christophe le quitta.
Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses: "A nous deux maintenant!"
Et pour premier acte du défi qu'il portait à la Société,
"Il n'y a pas à avouer qu'on en est, parce que ce n'est pas une faute. Il n'y a pas à proclamer qu'on en est parce qu'il n'y a pas là de quoi tirer une fierté. Il y a simplement à dire qu'on en est parce que c'est comme ça. Ni honte, ni prosélytisme... Dire l'homosexualité, c'est la déculpabiliser." Jean-Louis Bory (1919-1979)
"J'ai couru après le temps
Il portait un manteau de pluie
J'ai déchiré en l'approchant
Un bout de tissu et depuis
C'est à minuit que ça arrive
Quand vous passez au jour suivant
Moi je reste sur l'autre rive
Pour une minute encore vivant
Une minute pour se faire la belle
Avoir la lune sous mes semelles
Et les cheveux dans les étoiles..."
Renan Luce, "24h01" (extrait), 1960
Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.
(Poème attrué à Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.)