Je lis : des ratures.
Je cite : «On met tellement de temps à devenir adulte, c'est toujours trop tard, et la vie se venge en nous infligeant des peines qui ne s'effacent pas et des remords affreusement amers.» (Frédéric Mitterrand)
(mis à jour dimanche 18 novembre 2007 à 08:58)

24/08/2007

24/08/07 - 14:15

Mon vrai moi en sept points

Allez, bon, cette fois sera la bonne, je me lance. Foin du souci de discrétion, de l'image idéalisée que l'on veut donner de soi, du personnage que l'on joue sur GA ou de quoi que soit, aujourd'hui, je me lâche et me la raconte.

Pour rappeler les règles de ce petit jeu d'écriture, qui court sur Gayattitude depuis quelques jours, je pomperai Mayhem. Il faut dire que pomper Mayhem" est sans aucun doute un plaisir de fin gourmet. qu'il écrit tellement bien, Mayhem! Bref, énonçons: " Chaque blogueur « tagué » doit énumérer sur son blog sept choses le concernant, ainsi que le règlement. Le blogueur doit ensuite «taguer» 7 personnes, c’est-à-dire les citer sur son blog, puis leur envoyer un message les invitant à venir lire ce règlement et à poursuivre la chaîne.

Quant à moi, je fus tagué par une petite racaille de la rue du Taur qui, disons-le franchement a une sacrée paire de couilles, et toujours pleines est un sacré tagueur.

Mais passons... Moi, donc, en sept points.

1) Je l'avoue, sans prétention ni suffisance, la culture est toute ma vie. Du moins, toute ma vie publique...
Je sors beaucoup, plusieurs fois par semaine, généralement au théâtre, et toujours pour y voir des spectacles d'avant-garde.
D'avant-garde? Oui, disons, je peux vous citer celui-ci, que j'ai vu plusieurs fois, et dans lequel la comédienne, seule sur la scène pendant toute la pièce, épluche des légumes pour en faire ensuite une (mauvaise) soupe dont elle nourrit le public.
Dans les spectacles de théâtre que je vais voir, il y a aussi souvent des comédiens qui jouent totalement nus. Le metteur en scène, Didier C., que je connais bien, a le souci de les choisir terriblement bien montés, ce qui rend hélas, pour moi, la compréhension de l'intrigue parfois bien difficile.
Quoi qu’il en soit, on est loin d’ « Au théâtre ce soir ».

2) Mon meilleur ami n’est pas Docteur d’Etat (malgré son âge avancé, il est trop jeune pour ça) mais du moins de troisième cycle. L’an dernier il a soutenu une thèse sur les lieux et les conditions de rencontres interlopes des homosexuels à l’entour de Toulouse. Ce que certains thésards peuvent inventer, quand même, et les prétextes qu’ils peuvent se donner, pour aller se faire limer dans les buissons faire progresser la science!
En tout cas, non, non, la soutenance ne s’est pas faite dans la backroom du « Grand Cirque », ce que j’ai fort regretté…

3) Sur Gayattitude, l’an dernier, tout le monde a pleurniché lorsqu’a été diffusé sur France 2 le téléfilm « Un amour à taire», avec le certes mignonnet et très médiatique Jérémie Renier.
Tous ces sanglots longs, et ces cœurs de vierges éplorées, c’était sympatoche, vraiment! Ouais… en revanche, personne, à part moi, n’a parlé, sur GA, de la disparition de Pierre Seel, la même année. D’en avoir parlé, moi qui l’avais rencontré, je ne tire aucune gloire, aucune fierté personnelle... Non, juste un peu d’amertume, et surtout de tristesse. La « communauté » gay, comme on dit, me déçoit un peu, parfois...

4) Depuis un moment, je sors essentiellement avec J.-P., alias JP. Mais vous pouvez toujours vous brosser pour savoir si nous couchons ensemble ou pas – voire, si nous sommes un couple. Internet, ce n’est pas fait pour s’épancher, ni pour se raconter, hein !

5) Mon blog développe exclusivement deux lignes thématiques : la culture et… le cul. Les deux s’entrecroisent et parfois se rejoignent. Ainsi, je vais régulièrement à la cinémathèque de la rue du Taur, et je fais croire à mes amis, ou à mes lecteurs, que c’est par amour du septième art. Je leur dis ainsi que j’aime, par exemple, ces films asiatiques qui durent des heures et dans lesquels il ne se passe rien – genre on se lève, on prépare le thé, on se regarde sans se parler, on boit le thé, on se regarde sans se parler, on boit le thé, on observe le vol d’un papillon dans le ciel bleu, on prie, on boit le thé, on prie, on va se coucher.
A d’autres ! En fait, si je me rends si souvent à la cinémathèque, c’est uniquement pour le spectacle de l’énorme braquemart de son jeune vigile, dont le tissu du pantalon, à l’entrejambe, est si bombé et si tendu qu’il me semble qu’il menace d’exploser de se déchirer, à chaque instant.
Ne nous égarons pas, et pour en revenir à notre première phrase du paragraphe, disons simplement, et en toute décence, que je boufferais bien l’énorme teub de ce ch’tit vigile devant un film de Kurosawa.
Quoi qu’il en soit, mon blog est quand même nettement moins vulgaire, et surtout moins tendancieux, que Roy, de Roger Peyrefitte.
Saperlotte : quelle sottise ou quel délit pourrais-je donc bien commettre pour obliger le ch’tit vigile à brandir vers moi son énorme matraque ?!

6) J’ai beau me la jouer théâtreux, ou du moins travailler « dans la culture », je ne dédaigne pas de mater parfois un bon film populo. Avouons-le, Louis de Funès, dans la série des Gendarmes me fait bander comme un Népomucène cerf. Et Paul Préboist travesti, dans je ne sais plus trop quel film de seconde zone, me valut, vers l'âge de douze ans, ma première érection notable.
Allez, aujourd’hui on se dit tout : je cache sous mon lit l’intégrale de Max Pecas.
C’est moi, aussi, qui ai indiqué à ce bon bougre de Griffin les fesses d’Edouard Collin, un jour. Le pauvre ne s’en est toujours pas remis…

7) Avec le temps, j’ai acquis une certaine respectabilité culturelle : je tutoie des acteurs, je papote d’égal à égal avec des metteurs en scène, on m’envoie des emails pour m’informer de tel nouveau spectacle ou pour me demander mon avis.
Reste que… je suis aussi ce mec qui peut aller manger dans une gargote improbable, et qui gloussera comme une oie un dindon en voyant, quelques tables plus loin, un très jeune ouvrier, sans doute espagnol, à la mâchoire carrée et à la musculature assurée, relever sans y penser son tee-shirt à dix balles un euro de chez Tatie et caresser ses abdominaux sculptés dans l’effort vrai, sans se savoir être vu et en parlant avec ses collègues de la tâche de l’après-midi, ou de telle playmate aperçue la veille au soir dans une émission de TF1. Je suis ce type qui ensuite pendant des heures durant, dans la discrétion de sa chambre de célibataire, se paluchera fébrilement en rêvant burins, manches de pioches et marteaux piqueurs. Oui, en fait, je suis un poète.
Je suis aussi ce type qui, en voiture, est capable de faire une marche arrière dans les rues de Toulouse, histoire de dévisager tel jeune Maghrébin à l’organe incroyable et en train d’uriner contre un arbre. Longtemps, son jet me laissera songeur. Je suis un sale petit ondiniste mais ça, bien sûr, ici, je le nierai toujours.
Je connais Snoop et son frère, aussi, ce qui n’a absolument rien à voir avec l’ondinisme. Mais bon, puisque la règle du jeu est de parler de soi en sept point seulement, disons que je peux avoir des vapeurs, aussi, en voyant, rue du Taur, dans une voiture de marque allemande au luxe ostentatoire, quatre ou cinq cinq blacks armés de bagues et de lourdes chaînes plein partout, écouter du rap américain et me regarder passer devant eux, la moue dédaigneuse,le regard hostile, le faciès sauvage, l'insulte au bord des lèvres et la braguette sur le point d’éclater. Vous l’avouerai-je ? J’aime les petites racailles exotiques qui vous explosent le cul en vous expliquant disent qu’elles sont hétéro et qu’elles n’aiment pas les pédés. Z’ étaient mignons, n'empêche, ces petits blacks !
Mais bon, rassurez-vous, je ne suis pas une petite roulure de supermarché sauna, provincial ou non. Même si j’aime le danger des rencontres nocturnes, dans ce grand cirque qu’est Toulouse à la nuit tombée, je suis culturé, moi: comme PPP, je suis un intello. D’ailleurs, je lis tous les moi(s) « Têtu » : c’est dire, non ?!

Bon, allez, je ne vais pas faire de liste (le seul, sur la liste de mon carnet de bal, c'est J.-P., les chevaliers du fiel n'étant pas disponibles). Alors à qui veut... tant que vous êtes Toulousains et que vous bouffez toute la journée de la saucisse du cassoulet en écoutant Francis Cabrel.

commentaires

24/08/07 - 16:18

c'était très joli, merci

24/08/07 - 17:46

Est-ce bien vous le narrateur ? J'ai peine à y croire, et si c'est le cas je ne vois pas qui vous moquez.

24/08/07 - 19:01

Pas de réaction de :
http:///

24/08/07 - 19:14

Un passant: il ne s'agit en tout cas pas d'une moquerie, loin s'en faut. ^^

24/08/07 - 19:49

Mais mais c'est celui de Jjw que vous avez posté !!!

24/08/07 - 22:26

vous auriez pu prévenir, cela m'aurait évité de m'étouffer en mangeant devant ces lignes...

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"Il n'y a pas à avouer qu'on en est, parce que ce n'est pas une faute. Il n'y a pas à proclamer qu'on en est parce qu'il n'y a pas là de quoi tirer une fierté. Il y a simplement à dire qu'on en est parce que c'est comme ça. Ni honte, ni prosélytisme... Dire l'homosexualité, c'est la déculpabiliser." Jean-Louis Bory (1919-1979)

"J'ai couru après le temps
Il portait un manteau de pluie
J'ai déchiré en l'approchant
Un bout de tissu et depuis

C'est à minuit que ça arrive
Quand vous passez au jour suivant
Moi je reste sur l'autre rive
Pour une minute encore vivant

Une minute pour se faire la belle
Avoir la lune sous mes semelles
Et les cheveux dans les étoiles..."



Renan Luce, "24h01" (extrait), 1960







Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.


(Poème attrué à Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.)