Je lis : des ratures.
Je cite : «On met tellement de temps à devenir adulte, c'est toujours trop tard, et la vie se venge en nous infligeant des peines qui ne s'effacent pas et des remords affreusement amers.» (Frédéric Mitterrand)
(mis à jour dimanche 18 novembre 2007 à 08:58)

23/01/2008

23/01/08 - 21:10

Ca alors ou Cristi, que le temps passe vite!

Grâce un site de rencontres retrouvailles sur lequel j’ai eu la faiblesse de laisser mes coordonnées, j’apprends ce soir que le petit S. G., auquel j’ai donné, voilà quelques années, des cours particuliers de français, a fait depuis Polytechnique, puis une école qui semble s’appeler Sup-Aéro - et qu’il construit désormais, à à tire-larigot, des avions à Toulouse.
Cristi, le ch’tit S., avec ses quarante kilos tout mouillés, sa bonne bouille à la Sempé et sa façon de se dilater la rate à l’énoncé de la moindre blague à la Arpad Carambar! Le ch’tit S à qui je donnais des claques derrière la tête pour l’obliger à s’intéresser à Lautréamont. Saperlotte…eh, vous vous rendez compte, il a fait Polytechnique, le gamin ! Polytechnique, bordel : comme Albert Jacquart et plein d’autres que je ne connais pas ! Il a porté le costume, le sabre et tout et tout ! Voilà qui m’intimide gvraiment... Et, tel les instituteurs de Pagnol croisant des années après certains de leurs anciens élèves, je crois que, si je devais revoir le ch’tit S., je serais drôlement intimidé : c’est que c’est un Monsieur, maintenant, il a fait Polytechnique et Sup-machin – waouh !

Ilo paraït que le petit S. a trois enfants...

Et moi, pendant ce temps ?... Ben, rien.

Il est ainsi des soirs où l’on se sent minable.

17/01/2008

17/01/08 - 07:22

A propos de Duras

- Car l'importance de Lévinas, dans ces dernières années...
- Excusez-moi: vous voulez dire, "au siècle dernier"...
- Plaît-il?
- Euh, oui, Lévinas, c'est un philosophe du siècle dernier - pas de ces dernières années.
- Cristi: vous en êtes sûr?!
- Euh, oui: sûr et certain!
- Ca alors! M'enfin, vous savez, moi, je suis un homme du vingtième siècle, et je m'en réjouis. D'ailleurs, m'est avis que le vingt-et-unième siècle ne sera pas.

10/01/2008

10/01/08 - 01:01

Petit bonheur de lecture (suite)

Du même, et dans le même texte:

"(...) D’ailleurs, les homosexuels parisiens politiquement corrects sont rarement concernés par les tabous du sexe. Il leur arrive de dire en suçant la fève "Mon charmant ami a une telle bite qu’à chaque fois je me fais racler le fion" ou "C’est un temps à faire une touze mais je ne suis pas sûr de mes gonocoques" (...)"

Vraiment, il y a ici des gens qui, sans nous crier sans arrêt leur prétention d'être écrivain, ou revendiquer à leur propre sujet un talent d'écriture qu'ils sont seuls à trouver - ont une sacrée plume, à tout le moins un sacré sens de la formule et de la notation.

Merci...

10/01/08 - 00:56

Petit bonheur de lecture

Ce soir, je me suis étouffé de rire en lisant cette notation, dans un article d'un blog de ma liste amicale:

"L’hôte homosexuel parisien politiquement correct a le cheveu parfait et le sourire figé d’un acteur Cadinot pris en levrette"

Et c'est un Parisien qui le dit!

05/01/2008

05/01/08 - 18:57

Où Griffin se met à flipper.

Une leucémie foudroyante? Une leucémie foudroyante? C'est quoi, une leucémie foudroyante?! Moi aussi, je pourrais mourir en huit jours, et sans l'avoir anticipé, d'une leucémie foudroyante?!
Ca alors! Si c'est ça, arrêtons de jouer les poseurs, de faire des manières et d'essayer de jouer les fonctionnaires intellectuels : il ne me reste que huit jours pour essayer de me taper Steevy!



03/01/2008

03/01/08 - 20:21

Car ça alors ou Une fois pour toutes



Voilà quatre ou cinq fois que des inconnus, par mon actuel avatar alléchés, me contactent en privé pour me proposer le guilledou et me tenir les propos les plus invraisemblables.

Cristi ! Saperlotte ! Doux Nadal ! Combien de fois devrais-je le répéter ? Ce n’est pas moi sur la photo ! C’est n’est jamais moi sur les photos. Car mon ministre, qui ne s’appelle pas Simone, veille. Et puis pour plein d’autres choses, aussi...

Mettons les choses au poing point : de toute ma vie, je n’ai mis les pieds qu’une seule fois dans une salle de sport. C’était lorsque j’avais dix-sept ou dix-huit ans – à cet âge où l’on croit encore que l’on pourrait ressembler à Denzel Washington. Dix-sept ou dix-huit ans : l’Helvète caustique moyen ne manquera pas de remarquer que ça ne date pas d’hier. Il est vrai... En tout cas, cette fois-là, j’avais eu une illumination : l’idée de soulever de la fonte ou de faire des gestes ridicules et de ahaner désespérément devant des bellâtres aux muscles plein partout et au short fluorescent qui passaient leur temps à se mirer dans les miroirs muraux qui entouraient la pièce, en soulevant nonchalamment des altères dont le poids devait être celui d’un petit Américain de dix ans, m’avait soudain paru aussi déraisonnable que vain. Et puis, avouons-le: le sport, c’est un peu chiant, hein quand même!

Bref, au risque de te décevoir, je te le dis tout whisky toute honte bue, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère, je ne suis pas un athlète. Pour tout te dire, je suis plutôt ce genre de garçons qui ne ressemblent à rien et à qui l’on n’offre pas des fleurs dans la rue, qu’ils s’aspergent de Impulse ou non. Je suis celui que tu ne vois pas lorsque tu vas, parce que circulez, y’a rien à voir.

Alors pour être très précis, disons que le jeune homme de la photo, qui n’est pas moi, est un jeune Guyanais (tu l’as deviné, je ne suis pas Guyanais ; pourquoi pas noir, tant qu’on y est !) qui vit dans la région parisienne et que j’ai rencontré, si l’on peut dire, sur un site internet pour les hommes qui cherchent les hommes, un soir ou, canaille, je cherchais un homme qui aimât les hommes.
Soyons honnête : ce jeune garçon, qui pratique manifestement la musculation depuis qu'il a cinq ans et qui a plutôt un corps de rêve, doit avoir vingt ou trente kilos de muscles de plus que moi. Parce que moi, mes soixante-dix kilos, je ne sais pas trop ce que c’est : ni du muscle, ni de la graisse, non, rien , c’est… je ne sais pas : moi, tout simplement.
Je ne suis pas maigre; pourtant, les biceps de ce jeune garçon doivent faire à peu près ma cuisse. Passons, avant de sombrer…

On me demandera pourquoi j’utilise sa photo comme avatar. La réponse, quoi que multiple, est assez simple. Déjà, il n’est qu’à consulter la définition du mot « avatar ». Je suis ce garçon qui s’est sexuellement épanoui à la fin des années 80, soit à une époque où l’on n’avait pas le choix : on était soit intellectuel soit sportif. Et, plus encore, les choses étaient claires, quand on était un littéraire : on ne pouvait qu’abhorrer le sport.
Bref, quand j’écris, ici du moins, je me moque souvent de moi-même, et de mes préjugés ou de mes postures. J’écris pour être lu – je n’ai pas la coquetterie de ceux qui prétendent le contraire – mais j’écris aussi pour moi ou, du moins, dans un dialogue de moi à moi – qui, partant, ne peut faire rire que moi et n’être compris que de moi ou de ceux, comme Herminien, qui ont une sensibilité particulière.
Aujourd’hui, je me dis : Mallarmé, Duras, Char, ouais, ouais, soit ; mais avoir des muscles plein partout, après tout, ce n’est pas mal non plus...
Ca fera rire tout le monde, mais qu’importe : si tu savais, hypocrite lecteur, comme j’admire et envie le ch’tit Rafa qui frappe dans la balle sans réfléchir ni douter. C’est en quoi, et bien au-delà de ses boucles brunes, il représente possiblement pour moi un idéal. Agir, sans être spectateur de ses actes. Mais passons, et revenons à notre Musclor guyanais.

Si je me suis permis de « capturer » sa photo, c’est parce qu’il m’a semblé bien peu avare, sinon, de son corps du moins de son image- affichée au vu et au su de tous les errants libidineux nocturnes comme moi. Le garçon semblait, sans doute à juste titre, plutôt très fier de son corps.
Il y a une autre raison - et à toi, rien qu’à toi, je veux bien l’avouer : lorsque, dans un moment de folie et de dénégation de moi, j’ai voulu le contacter, ce jeune homme m’a semblé particulièrement antipathique assez peu sympathique. Et j’ai soudain pensé à une chanson de Brel.
Peu importe : si d’aventure il tombe sur ce blog et s’il me demande d’en retirer ses photos, je le ferai. Et le fait qu’il me le demande me fera particulièrement jubiler...
Allons, allons, Griffin, sois bon, et respectueux de l’image de ton prochain !

Enfin bref, je le clame haut et fort, une dernière fois, hein: je ne suis pas moi ce n'est pas moi sur les photos! Alors inutile de me contacter pour me proposer des choses improbables et que je ne comprends même pas!

03/01/08 - 20:05

Ca alors

Je découvre ce soir avec stupéfaction consternation que, pour la voisine du premier étage, une sympathique vieille dame qui doit avoir entre cent quatre-vingt-cinq et deux cent trente-huit ans, je suis « le petit monsieur du troisième ».
Si ça continue, dans quelques années, on m’appellera Antoine Doinel ou , plus certainement, Jacques Chazot...

02/01/2008

02/01/08 - 20:56

Ah, pis, noue yar*.

Un gamin de vingt ou vingt-deux ans qui n'est ni un ami ni un proche mais qui, le premier de l'an, pense à prendre deux minutes pour vous envoyer ses voeux, fût-ce par Internet, ça fait plaisir. Et ça fait se dire que, finalement, il y a peut-être une alternative à l'Amazonie...

Griffin, blogueur optimiste.

* "C'est qui, Yar?", demandera K, toujours curieux voire indiscret.

 



"Il n'y a pas à avouer qu'on en est, parce que ce n'est pas une faute. Il n'y a pas à proclamer qu'on en est parce qu'il n'y a pas là de quoi tirer une fierté. Il y a simplement à dire qu'on en est parce que c'est comme ça. Ni honte, ni prosélytisme... Dire l'homosexualité, c'est la déculpabiliser." Jean-Louis Bory (1919-1979)

"J'ai couru après le temps
Il portait un manteau de pluie
J'ai déchiré en l'approchant
Un bout de tissu et depuis

C'est à minuit que ça arrive
Quand vous passez au jour suivant
Moi je reste sur l'autre rive
Pour une minute encore vivant

Une minute pour se faire la belle
Avoir la lune sous mes semelles
Et les cheveux dans les étoiles..."



Renan Luce, "24h01" (extrait), 1960







Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.


(Poème attrué à Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.)