Je lis : des ratures. Je cite : «On met tellement de temps à devenir adulte, c'est toujours trop tard, et la vie se venge en nous infligeant des peines qui ne s'effacent pas et des remords affreusement amers.» (Frédéric Mitterrand) (mis à jour dimanche 18 novembre 2007 à 08:58)
Tu as entre 35 et 105 ans
Tu mesures entre 105 et 270 cm (non, non, Jérôme: je ne parle pas de la taille du sexe)
Tu pèses entre 60 et 160 kg
Tu es blond, brun, roux, chauve ou rasé
Tu es d'une hygiène irréprochable
Tu es (condition sine qua non) un expert du repassage
Tu sais aussi faire les vitres et cirer un parquet
Tu es maître queux (du calme, Jérôme, du calme!); tu sais, tout particulièrement, cuisiner le poisson et tu fais une paella à faire se damner un Nadal.
Tu es super organisé, hyper réaliste et tout et tout, sans pour autant mépriser les gens qui sont un tantinet bordéliques et, pour parler comme les jeunes, un peu "à l'ouest"
Tu n'as pas de mère, ni de chien
Tu es plutôt de formation scientifique, économique, commerciale ou juridique (les trucs bien chiants, quoi), et tu es intimement persuadé que deux et deux font bien quatre (m'enfin, Jérôme, y'en à marre: non, non, je ne cherche pas à faire une partouze!)
Pour toi, le plus beau des plans sexe, c'est d'être assis à deux heures du matin sur une plage déserte face à l'océan Atlantique.
Aller te promener le dimanche matin, ou la nuit, en forêt d'Argonne, te ferait kiffer grave
Tu aimes les livres, oh, pas forcément les livres rares ou les éditions de luxe, non, non, les 10/18 et les livres de poche. Tu aimes Racine, Montaigne, Pascal et Le Clézio, mais tu ne dédaignes pas Duras, Butor, Sarraute ou Blanchot. Pour toi, une bonne soirée, ça peut être de regarder, shooté au poppers, La Foêt d'émeraude ou Mort à Venise(oui, oui, Jérôme, on sait: le Rush est encore plus puissant que le Jungle juice +). Et puis tu ne fais pas partie de ces pisse-froid qui considèrent que Cadinot était un affreux et dangereux pédophile
Tu es ce mec qui es capable de dire à ma mère: " Tais-toi! Trouve-toi un mec, ou une nana, arrête de tomber malade dès que ce bon bougre de Griffin est en vacances, vis ta vie et arrête de faire chier!"
Tu es ce mec qui est capable de dire: Eh, oh, Griffin, rien à foutre, on arrête tout: tu sais quoi, on se casse en Ardèche, dans un petit village genre de cent habitants, et on ouvre une librairie-bibliothèque- café-café théâtre-galerie d'art - rien à foutre: on a quatre-vingt ans à passer sur terre, le compteur est déjà déclenché, ne perdons pas de temps.
Tu es ce mec qui est capable de dire: "Eh, oh, c'est quoi, ce délire sur Rafael Nadal? Bon, c'est clair, tu es moins beau, moins sexy, moins intéressant ou du moins moins sexuellement attirant que lui. Mais qu'est-ce qu'on s'en fout! Sérieusement, tu me vois me casser en Ardèche avec Rafa pour ouvrir une librairie-café-concert? Et puis bon, sois un peu honnête avec toi-même: voilà trente-sept ans que tu n'arrives pas à être l'idéal que tu veux être. Alors laisse tomber, et vis."
Mais bon, surtout, surtout, hein, tu es super bon en repassage.
Alors contacte-moi - de toute urgence!
Note à benêts: Ah oui, au fait, je suis noir. Pas un noir à la Carl Lewis ou à la Tyson Beckford: non, non, un noir, tout simple, du genre qu'on ne remarque même pas quand on le croise dans la rue. Certes, j'ai un sexe de 33,8 cm, mais est-ce bien important? Brisons là: tout ça pour dire que si vous êtes raciste, lepeniste ou même sarkoziste, mon annonce ne saurait vous intéresser.
Armstrong, je ne suis pas noir, je suis blanc de peau
Quand on veut chanter l'espoir quel manque de pot
Oui, j'ai beau voir le ciel, l'oiseau, rien rien rien ne luit là-haut
Les anges, zéro, je suis blanc de peau
Armstrong, tu te fends la poire, on voit toutes tes dents
Moi, je broie plutôt du noir, du noir en dedans
Chante pour moi, Louis, oh oui, chante chante chante, ça tient chaud
J'ai froid, oh moi, qui suis blanc de peau
Armstrong, la vie, quelle histoire, c'est pas très marrant
Qu'on l'écrive blanc sur noir ou bien noir sur blanc
On voit surtout du rouge, du rouge, sans sans sans trêve ni repos
Qu'on soit, ma foi, noir ou blanc de peau
Armstrong, un jour, tôt ou tard, on n'est que des os
Est-ce que les tiens seront noirs? Ce serait rigolo
Allez, Louis, alléluia, au-delà de nos oripeaux
Noir et blanc sont ressemblants comme deux gouttes d'eau
"Il n'y a pas à avouer qu'on en est, parce que ce n'est pas une faute. Il n'y a pas à proclamer qu'on en est parce qu'il n'y a pas là de quoi tirer une fierté. Il y a simplement à dire qu'on en est parce que c'est comme ça. Ni honte, ni prosélytisme... Dire l'homosexualité, c'est la déculpabiliser." Jean-Louis Bory (1919-1979)
"J'ai couru après le temps
Il portait un manteau de pluie
J'ai déchiré en l'approchant
Un bout de tissu et depuis
C'est à minuit que ça arrive
Quand vous passez au jour suivant
Moi je reste sur l'autre rive
Pour une minute encore vivant
Une minute pour se faire la belle
Avoir la lune sous mes semelles
Et les cheveux dans les étoiles..."
Renan Luce, "24h01" (extrait), 1960
Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.
(Poème attrué à Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.)
24/06/08 - 14:42
Je suis un noir que, vraiment, on remarque même pas du tout du tout, m'sieur griffin. ;-)
gingember